ACTE II, SCÈ.XE YI
Toute ma destinée à jamais soit uniej
Je veux qu'un même jour termine aussi mon sort :
Je bénirai la main dont je tiendrai la mort,
Et qui m'épargnera le crime inévitable
Dont ta perte j Guilfort, doit me rendre coupable.
Oui^ s'il me reste encore un seul jour de bonheur,
Je veux avec transport en jouir par mon cœur.
Ah ! mon unique ami^ l'ame passionnée
Qui sut unir l'amour aux nœuds de l'hy menée
De la félicité goûta trop la douceur,
Pour savoir supporter l'atteinte du malheur. GuiLFOîiT. Quoi! tu veux malgré moi...
JANE GBAY. Si tou cœur est sensible,
Ajouter un seul mot lui doit être impossible :
S'il aimait comme moi, voudrait-il le tenter?
S'il pense que j'accepte, il pourrait accepter.
Abandonne, Guilfort, cette gloire commune
Qu'on trouve à braver seul les traits de l'infortune ;
Renonce à ces desseins que l'on dit généreux :
INotre amour nous élève encore au-dessus d'eux.
C*est sentir qu'on est deux, que craindre un sacrifice;
C'est livrer ce qu'on aime au plus cruel supplice,
Que protéger sa vie en déchirant son cœur :
Ce destin à tes yeux est-il donc le bonheur? GLiLFORT. Tu le veux, c'en est fait, je ressens dans mon ame
Le noble sentiment qui t'inspire et t'enflamme ;
Mon cœur sait recevoir ce qu'il ferait pour toi,
Et te laisse aujourd'hui tout hasarder pour moi.