‹ ŒuvresChapitre 122 sur 202 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JANE GRAY, GUILFORT.

JANE GRAY. Quoi! tout ce qu'avec peine eût inventé l'envie

Est l'histoire, grand Dieu, de sa coupable vie !

Le père de Guilfort...

GUILFORT. Arrête, épargne-moi !

Ne l'ai-je pas, hélas ! entendu comme toi?

Lui, dont je croyais l'ame et si noble et si pure!

Il conserve sur moi les droits de la nature ;

Et ce ressouvenir d'un long attachement,

Que l'on voudrait du cœur effacer vainement.

Quand c'est lui qui s'accuse, hélas ! faut-il le croire ?

Anéantis en moi, juste ciel, la mémoire I

Que j'oublie à jamais ces funestes aveux,

Et que mon père encor soit le même à mes yeux.

Toi, pars sans hésiter; sous la loi de Marie,

L'innocence ne peut répondre de la vie.

Pour t'éloigner enfin, il n'est plus qu'un instant.

Ah! ne le perdons pas.

JANE GRAY. Oui, partons maintenant.

Quel heureux avenir à nos yeux s'offre encore ! GUILFORT. Aujourd'hui je ne puis suivre ce que j'adore ;

Mon père est en danger, me l'ordonnerais-tu ?

Je récuse ton cœur, je parle à ta vertu. JANE GBAY, Nou, mais tu m'en donnais la trompeuse espérance;

Quand tu me proposais de partir pour la France. GUILFORT. Quoi ! tu vcux affronter les dangers d'un destin

Dont tu n'acceptais pas les honneurs ce matin! JANE GRAY. Je veux qu'au seul objet qui m'attache à la vie

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