‹ ŒuvresChapitre 139 sur 202 · PEMBROKE , JANE GRAY · texte numérisé non relu

PEMBROKE , JANE GRAY

PEMBROKE. Alfort, éloigncz-vous, c'est Tordre de Marie.

La cruelle, à mes vœux, refuse votre vie:

Sa sûreté, dit-elle, exige votre mort ;

Elle l'a dit à moi, dont elle tient son sort ;

Et cette ingrate en paix assure sa couronne ,

En offensant celui dont la main la lui donne.

Vous n'avez pas voulu désavouer vos droits,

On pourrait vous nommer une seconde fois ;

Et , redoutant pour vous l'amour de l'Angleterre ,

Elle veut sans tarder vous ravir à la terre.

Mais Dorset a prévu sa coupable rigueur :

Vous ne dépendez plus, grâce au ciel, de son cœur ;

De Davison, enfin, la respectable adresse

Va vous tirer bientôt du péril qui vous presse.

Il doit, vous revêtant de ses habits pieux,

Vous dérober sans peine aux soldats odieux,

Dont les regards trompés ne pourront reconnaître

La beauté que l'amour devinerait peut-être.

Quand des gardes nouveaux, à leur poste établis,

Auront tous relevé les gardes endormis,

Davison sans danger se présente à la porte

De ce séjour d'horreur; ils permettront qu'il sorte ;

Et , ne l'ayant pas vu d'abord sous votre nom,

Le laisseront passer sans former un soupçon.

Vous pouvez recevoir un semblable service

Sans craindre d'accepter l'ombre d'un sacrifice. JANE GRAY. Ah! quc jc suis hcurcuse cu admirant, seigneur.

Tous les soins généreux qu'a pris votre grand cœur !

Ainsi donc Davison pourra sauver la vie

De celui que l'amour aujourd'hui lui confie ;

Quand j'ai choisi Submer, il est sûr que Guilfort... PEMBROKE. 0 ciel, qu'avcz-vous fait?

JANE GRAY. Vous conuaissez Alfort,

Dans son cœur aisément naîtrait la défiance;

Demander Davison n'est plus en ma puissance :

C'est donc pour mon époux que l'heureux coup du sort... PEMBROKE. Quoi ! VOUS avcz pensé que moi-même à la mort

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