ALFORT, JANE GRAY, NORTHUMBERLAND
ALFORT , suivi de gardes.
Seigneur.
NORTHUMB. Jc VOUS cntcnds. '
JANE GRAY. Cicl! ô momcut funeste I
Ah! je sens que je perds la force qui me reste. NORTHUMB. Gardctoi de porter trop loin cette douleur j
Va, songe que jamais je n'ai plaint le malheur.
Tu voulais à ton Dieu ramener un coupable :
Si tu pouvais pleurer ce mortel misérable.
Ta sublime vertu perdrait de sa grandeur.
Sais-tu qui me condamne à ce sort plein d'horreur?
C'est l'affreux tribunal des malheureuses ombres
Que ma main entraîna dans les abîmes sombres :
Elles m'attendent là pour prolonger ma mort.
Et de l'instant présent faire à jamais mon sort.
Qu'ai-je dit? Juste ciel ! J'ai donc connu la crainte ,
Et par elle un moment mon ame fut atteinte.
Qu'on me donne la mort! A l'instant de périr,
Ils auront donc appris que je pouvais frémir !
Il sort, el les portes se ferment.)
.TAXE CRAYj seuls. Ail! pour voir sans terreur la fin de cette vie, Sans le secours du ciel à quoi sert le génie? Le courage qu'il faut dans ce moment d'horreur, C'est à la vertu seule à Tinspirer au cœur.