SCÈNE IV
JANE GRAY, GUILFORT.
GuiLFORT, aux gavdes qui V accompagnent.
Ouij rendez-moi mes fers; que j'expire avec elle! JANE GRAY. Ciel ! c'cst lui! je l'entends. Guilfort ! je meurs!
( Elle s'évanouit dans l.'s bras de Guilfort.)
GUILFORT. Cruelle!
Tu voulais me sauver.
JANE GRAY. Tu mcurs ! ô désespoir !
Un moment j'ai senti le bonheur de te voir,
J'avais tout oublié.
GUILFORT. Quoi! c'était donc en France
Qu'on devait m'enlever ma trompeuse espérance?
J'ai su de Davison à la fin arracher
Le secret qu'il voulait vainement me cacher.
Si ta volonté seule avait été suivie,
Ajoutant quelques jours à ma fatale vie.
Dans des tourments affreux tu me faisais mourir ;
Plus que Marie, ô ciel ! j'aurais dû te haïr. JANE GRAY. Quoi ! tu vcux à l'amour immoler cette vie
Que j'avais dérobée au courroux de Marie !
Pour mourir avec moi tu reviens t'y livrer ! GUILFORT. Aucun pouvoir humain ne peut nous séparer. JANE GRAY. Eh bicu ! puisque le ciel confond nos destinées,
Et dans le même instant veut les voir terminées,
Je ne m'oppose plus à ses derniers arrêts.
Quand j'expire, à ta mort enfin je me soumets.
GUILFORT. Ah ! c'est moi qui te perds.
JANE GRAY. C'cst par tol que ma vie Donna d'un bonheur pur le spectacle à l'envie : Guilfort, c'est dans tes bras que j'en trouve la fin ; Dans cet instant encor je chéris mon destin.