SCÈNE V
JANE GRAY, GUILFORT.
( Les portes s'ouvrent, Alfort et ses gardes remplissent le théâtre.)
JANE GRAY. Tu Ics vois ! daus tes bras cache-moi le visage, Presse-moi sur ce cœur dont j'attends mon courage.
GUILFORT. Ah ! ne fais pas jouir nos vils persécuteurs; Devant eux, s'il se peut, ne répands point de pleurs.
672 JANE GRÀY.
JANE GRAY. Alfort, si votrc cœur plaint mon destin funeste,
Vous pouvez radoucir par l'instant qui me reste.
Souffrez qu'à Téchafaud je monte avant Guilfort,
Et vous me sauverez la douleur de sa mort. GUILFORT. Quoi! tu veux...
JANE GRAY. De mou sexe épargne la faiblesse :
Par la force il ne peut témoigner sa tendresse.
J'attends de toi l'effort impossible à mon cœur.
Soutiens-moi, cher Guilfort, dans ce moment d'horreur. GUILFORT. Ah ! viens, viens sur mon sein reposer cette tête,
Qu'à faire, hélas! tomber un barbare s'apprête.
Quand le même destin doit nous unir tous deux,
Je péris le dernier, pour te fermer les yeux.
{, On entend du bruit; on doit apercevoir du mouvement dans la salle qui précède
celle de la scène. )
JANE GRAY. Qucl tumultc ! quc vois-je ? ô destin misérable ! Pembrokeest arrêté, quand son bras secourable... Ah ! qu'un moment d'espoir ajoute à la douleur I