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LE COMTE DE SAINVILLE, MILORD HENRI BEDFORD

LORD HENRI. Ah! laissez-moi chérir jusqu'à son malheur même

Réparer son destin est un bonheur suprême.

Que cet ange du ciel descende jusqu'à moi,

Qu'il daigne recevoir mes serments et ma foi.

Et que l'on m'offre après tous les biens de la vie :

Enviez mon destin, je choisirai Sophie.

LE COMTE. Mon cœur ne peut blâmer ce noble mouvement,

La raison même approuve un pareil sentiment.

Ce serait avilir son généreux langage

Que d'oser contre vous combattre davantage;

Mais Sophie, à vos vœux constante à s'opposer.

Puise dans ses malheurs le droit de refuser

Le nœud que votre cœur si vivement désire.

Il faut, m'a-t-elle dit, de mon destin l'instruire :

Peigaez-lui le tableau de mes longues douleurs;

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