SOPHIE, CÉCILE
SOPHIE. Ah ! c'est toi , mon enfant ?
CÉCILE. Pourquoi donc loin de nous restes-tu maintenant? Mon père est inquiet.
SOPHIE. Ton père?
CÉCILE. Mon amie, 11 redoute pour toi de la mélancolie.
Explique-moi ce mot...
SOPHIE. Puisse ton jeune cœur Ne l'entendre jamais ! Quel regard enchanteur ! Quel charme dans ses traits , image de son père I Cécile , m'aimes-tu? dis...
CÉCILE. Oui, comme ma mère.
SOPHIE. Si je pars ?
CÉCILE. Si tu pars ?
SOPHIE. Souviens- toi de chanter La romance qu'hier je te fis répéter.
CÉCILE, Oui , celle que le soir chaque jour je dois dire ,
Quand dans ce pavillon mon père se retire. SOPHIE. Quand je n'y serai plus; tais-toi jusqu'à ce temps^
CÉCILE. Quoi! tu veux nous quitter?
(Elle pleure.) SOPHIE. Aimables sentimenîs !
Déjà son jeune cœur est digne de son père; Tout le retrace en elle : ah ! combien tu m'es chère ! N'as-tu pas oublié...?
CÉCILE. La romance? à présent Je ne m'en souviens plus. C'est ta faute pourtant; Tu n'as jamais voulu me la faire comprendre ; Et c'est toi qui m'as dit que Ton devait entendre Tout ce qu on apprenait...
SOPHIE. Il faut la retenir.
De grâce , écoute-moi pour t'en bien souvenir.
ROMAINCE.
(Le c?mte entend chanter, et s'arrête pour écouter.)