SCÈNE VIL LE COMTE, SOPHIE
LE COMTE. Quel est donc ce secret que vous devez m'apprendre ,
Et qu'elle veut cacher ? Je ne puis vous comprendre. SOPHIE. 11 ne m'appartient pas d'oser m'en affliger.
Mon cœur à ce secret n'est-il pas étranger? LE COMTE. Vous ètcs étrangère à tout ce qui me touche?
Ce mot cruel a pu sortir de votre bouche ! SOPHIE. Oui , quand vous outragez le nœud le plus sacré ,
Quand le cœur le plus pur est par vous déchiré ,
Et quand une autre obtient tous les vœux de votre ame I LE COMTE. Ciel ! que me dites-vous? quoi! ma secrète flamme...
Ahl comment savez-vous...
SOPHIE. On peut donc le savoir;
Cet aveu m'ôte enfin jusc[u'au dernier espoir.
Je devrais obéir à ma sensible amie ;
Mais si par mon silence elle est plus mal servie ,
Je dois vous accuser...
LE COMTE. Vous Ic pouvcz , hélas !
Et mon cœur devant vous ne se défendra pas. SOPHIE. Vous ne rougissez pas...