‹ ŒuvresChapitre 189 sur 202 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE COMTE, LA COMTESSE, évanouie,

LE COMTE. // aperçoit la comtesse. Ah! que je suis coupable!

Malheureux! dois-je rendre U'ue autre misérable?

Ouvrez les yeux...

LA COMTESSE. îl l'aimc ! Ah ! laissez-moi mourir.

Quelle barbare main prétend me secourir?

Ah ! le coup est perlé, je suis iofortunée ,

Et Tespoir pour toujours manque à ma destinée.

Ciel I c'est lui! Laissez-moi, moi qui vous fais horreur. LE COMTE. Quoi ! VOUS pouvcz penser...

LA COMTESSE, se jetant à ses genoux.

Ah ! percez -moi le cœui-.

C'est moi qui suis obstacle à votre destinée.

Et vous pourriez sans moi la rendre fortunée ;

Ah ! donnez-lui ce nom que j'avais tant chéri.

Mais pourquoi votre cœur paraît-il attendri?

Quelle fausse pitié peut épargner ma vie,

Lorsque vous détestez le saint nœud qui nous lie ?

Ah! ne m'arrachez pas la funeste douceur,

Qu'à ma mort vous deviez au moins votre bonheur.

Elle fera pour vous ce que n'a pu ma vie.

Et c'est en expirant qu'il faudra qu'on m'envie. i.E COMTE. Qu'entends-je? juste ciel!

LA COMTESSE. Jc sais quc ma froideur

Et mon calme apparent ont trompé votre cœur.

On m'avait dit qu'il faut se contenir sans cesse,

Qu'on éloigne en montrant l'excès de sa tendresse.

Ah ! laissez-moi penser que c'était cette erreur

Qui fut la seule cause , hélas ! de mon malheur.

Laisse-moi me flatter que tu m'aurais aimée,

Si je t'avais fait lire en mon ame enflammée.

Ce regret, ce remords me sera moins affreux.

Je veux m'attribuer mon destin malheureux.

Ne pas t'en accuser, t'ôter jusqu'à ce crime.

Et de mon amour seul expirer la victime. LE COMTE. Pardonnez, je n'ai pas deviné votre cœur;

Je n'ai ni mérité ni senti mon bonheur.

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