‹ ŒuvresChapitre 95 sur 202 · BÉPOXSE A UN ARTICLE DE JOURNAL · texte numérisé non relu

BÉPOXSE A UN ARTICLE DE JOURNAL

(( être , il aimait cette terre féconde , et les célestes plaisirs d'une « active bienfaisance dont il remerciait son Père chaque jour. « Mais, ne pouvant écarter le calice qui lui était destiné, il s'é- « cria : Que ta volonté soitjaite^ 6 mon Père ! et se remit entre « les mains de ses ennemis. Que veut-on chercher de plus dans « l'Évangile sur la résignation à la douleur, et sur le devoir de la « supporter avec patience et courage ? »

Voici la manière dont votre journal rend compte de cette page :

a A ses raisonnements contre le suicide, madame de Staël t( joint des exemples; et il en est un tellement auguste et telle- « ment sacré, que je n'ai pas été peu étonné de le voir intervenir (( dans une pareille argumentation. Elle prétend que nous ne dece vous pas nous tuer, puisque Jésus-Christ, accablé de douleurs « sur le mont des Olives, ne s'est pas tué. On croirait lire moins « un ouvrage philosophique de madame de Staël , qu'un écrit {( dogmatique de Tertullien ou d'Origène; si cependant ces deux (( Pères n'eussent pas jugé comme tout-à-fait déplacé de supposer, (' même un seul instant, que Jésus-Christ eût pu se donner la « mort. ))

On devrait conclure de cette façon de s'exprimer, que, traitant notre Seigneur comme un homme, et comme un homme ordinaire, je lui fais un mérite de ne s'être pas tué. Quel ridicule et quelle impiété tout ensemble !

La critique littéraire n'est point consciencieuse en France, et par conséquent elle n'est d'aucune utilité; car il n'y a que la vérité qui serve à quelque chose. L'extrait d'un ouvrage, en Angleterre et en Allemagne, est fait avec tant de profondeur et d'exactitude, qu'on reconnaît les droits de juge dans le talent et les connaissances que ces écrivains manifestent. Chez nous, toute la critique littéraire consiste dans l'art de citer quelques phrases, d'ordinaire altérées , et que l'on sépare avec soin de la chaîne de raisonnements qui les motive. C'est un jeu de mauvais enfants qu'un tel travail ; mais s'il amuse quelques lecteurs, il ne faut pas s'en fâcher : la véritable réputation se tire toujours de semblables attaques, et il ne vaudrait pas la peine d'écrire, si ce n'était au public entier qu'on s'adressât. Néanmoins, quand il s'agit de la religion, et par conséquent de la morale ; quand il s'agit de tout ce qu'il y a de plus sacré dans l'héritage qu'on a reçu et dans celui qu'on doit transmettre , on a le droit de prier messieurs les

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