IV NOTICE SUR MADAME RIGCOBONI
les sentiments en sont vrais et bien exprimés, et il est rempli de détails charmants. » Elle loue également Ernestine et quelques autres ouvrages ; elle loue la suite de Marianne, due, comme on sait, à madame Riccoboni ; mais elle se prononce avec véhémence contre le Marquis de Cressy, qu'elle accuse pieusement d'être une œuvre immorale. On sait que, depuis sa conversion, madame de Genlis, jadis beaucoup trop philosophe et bien moins scrupuleuse, voyait de l'immoralité partout. A l'en croire, le Marquis de Cressy entacherait la mémoire de son auteur. Nous croyons que nos lecteurs ne partageront point en cela l'opinion de madame de Genlis, et nous adoptons pour notre compte le jugement de la Harpe comme plus vrai et plus équitable.
Madame de Genlis finit pourtant sa notice par des paroles mieux avisées et plus clémentes, que nous citons en terminant :
« Madame Riccoboni est morte dans la pauvreté, en 1792. Par ses talents, son caractère et sa bonté, elle méritait un sort plus heureux. »
HISTOIRE
DU