I . On lit daqs les éditions de I6t6, i6i7 et i
ViTre oomBie ohrétien, sdorer rimmorlet.
â. Se musse, pour se cache.
Dans la crasse dn froc logea la yanUé.
(BoiLEAU, Lutrin, ch. vi.)
3. Longtemps avant Régnier, Clément Maîot avait dit dans son épître XLiii :
Et pais diète» qoe les monstiers Ne serveot point anx amoareox.
Plus longtemps encore avant l'un et Tautre, le Roman de ta Rose avait dit, vers 14,S93, en parlant d'une jolie fille qui doit ou vent avoir des amants :
Soovent voise k la mère église , Et face visiUtioBS Aux Dopces , aux processions , Aux jeux , aux fastes , aux caroles ; Gar €ià tel lien tient sea esooles.
Et chante à ses disciples messes , Le dieu d'aveu» et tes déesses*
liO SATYRE IX.
Comme un homme sans goust, je les ayme sans peine : Aussi bien rien n'est bon que par affection ; Nous jugeons, nous voyons, selon la passion.
le soldat aujourd'huy ne resve que la guerre; En paix le laboureur veut cultiver sa terre; L'avare n'a plaisir qu'en ses doubles ducas.
L'amant juge sa dame un chef-Kl 'œuvre icy-bas : Encore qu'elle n'ait sur soy rien qui soit d'elle. Que le rouge et le blanc par art la face belle. Qu'elle an te en son palais ses .dents tous les matins, Qu'elle doive sa taiUe au bois de ses patins * ; Que son poil, dès le soir frisé dans la boutique. Comme un casque au matin sur sa teste s'applique ; Qu'elle ait, comme un piquier, le corselet au dos ^; Qu'à grand 'peine sa peau puisse couvrir ses os; Et tout ce qui de jour la fait voir si doucette, La nuict, comme en dépost, soit dessouz la toilette; Son esprit ulcéré juge, en sa passion.
Que son teint fait la nique à la perfection.
Le soldat tout ainsi pour la guerre souspire ; Jour et nuict il y pense , et toujours la désire ; Il ne resve la nuict que carnage et que sang : La pique dans le poing, et l'estoc sur le flanc, Il pense mettre à chef quelque belle entreprise ; Que forçant un chasteau, tout est de bonne prise ; Il se plaist aux trésors qu'il cuide ravager, Et que l'honneur luy rie au milieu du danger.
L'avare, d'autre part, n'ayme que la richesse; C'est son roy, sa faveur, sa cour, et sa maistresse ^ :
t . Les femmes portaient soos leurs souliers des espèces de. patins pour s'exhausser.
s. Les piquiers avaient un corselet de fer, ou cuirasse.
3. Dans les éditions de 1608 et de 16iâ, Cest son roy^ sa faveur, la court et sa maistresse^ ainsi orthographié et ponctué. Édition de
SATYRE IX. m
Ntll object ne lui plaist, sinon l'or et l'argent ; Et tant plus il en a, plus il est indigent.
Le paisant d'autre soin se sent Tame embrasée. Ainsi ^)lumanité^ sottement abusée, Court à ses appétits , qui l'aveuglent si bien, Qu'encor' qu'elle ait des yeux, si ne voit-elle rien. Nul chois hors de son goust ne règle son envie, Mais s'aheurte où sans plus quelque appas la convie. Selon son appétit le monde se repaist.
Qui fait qu'on trouve bon seulement ce qui plaist.
débile raison ! ouest ores ta bride?
Où ce flambeau qui sert aux personnes de guide? Contre la passion trop foible est ton secours, Et souvent, courtisane, après elle tu cours; Et, savourant l 'appas qui ton ame ensorcelle. Tu ne vis qu'à son goust, et ne vois que par elle. De là vient qu'un chacun, mesmes en son deffaut, Pense avoir de l'esprit autant qu'il luy en faut. Aussi rien n'est party si bien par la nature Que le sens; car chacun en a sa fourniture.
Mais pour nous, moins hardis à croire à nos raisons, Qui réglonsnos esprits par les comparaisons D'une chose avecq' l'autre, espluchons de la vie L'action qui doit estre ou blasmée ou suivie ; Qui criblons le discours, au chois se variant, D 'avecq' la fausseté la vérité triant (Tant que l'homme le peut); qui formons nos ouvrages^ Aux moules si parfaicts de ces grands personnages Qui, depuis deux mille ans, ont acquis le crédit
1613 et suivantes, jusqu'à 164S, c'esl son roff, sa faveur, la cour est sa ntëittresse,
i . Les humains. « L'humanité même s'en étonna » , a dit Bossuet.
s. Édition de i64S et suivantes, nos courages.
iiS SATYRE IX.
Qu'en vers rlea n'est parfiaict que ee quHIs en ont dit' Devons-nous aujourd'huy, pour une erreur notiveHe Que ces clercs dévoyez forment en leur cerveHe, Laisser légèrement la vieille opinion, Et, suivant leur avis, croire à leur passion ?
Pour moy, les huguenots pourroient faire miracles * , Ressusciter les morts, rendre de vrais oracles, Que je ne pourrois pas croire à leur vérité.
En toute opinion je fuis la nouveauté.
Aussi doiU-on plustost imiter nos vieux pères. Que suivre des nouveaux les nouvelles cliimères. De mesme, en Tart divin de la ffluse,>doitK)n Moins croire à leur esprit qu'à Tespril de Platon.
Mais, Rapin, à leur goust si les vieux sont proismes, Si Virgile, le Tasse et Ronsard sont des asnes. Sans perdre en ces discours le tanps qse nèns perdons, Allons commeeuxauxcham|»,etmangeoi»de»(^rd(ms^
1. Saint Paul, épîtreaux Galates, chap. 1, y. 8 et 9. « Sed lic«t « nos, aut angélus de coelo evangelizet vobis, prœterquam quod « evangdizavirous vobis, anathema sit, etc. »
i. Content de ëes chardons et secouant la tète :
Ma foi, non plus que nous, Thomme n'est qu'une bête.
(BoiLEAU, sat, vin.)