‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 109 sur 252 · Visière se disait autrefois, mais rarement, pour vue · texte numérisé non relu

Visière se disait autrefois, mais rarement, pour vue

L'autre se relevant devers nous se vint rendre, Moins honteux d'estre cheut que de s'estre dressé; Et luy demandast-il s'il s'estoit point blessé.

Après mille discours, dignes d'un grand volume, On appelle un valet, la chandelle s'allume :

On apporte la nappe, et met-on le couvert ; Et suis parmy ces gens comme un homme sans vert^ Qui fait, en rechignant, aussi maigre visage Qu'un renard que Martin porte au Louvre en sa cage. Un long temps sans parler je regorgeois d'ennuy. Mais, n'estant point garant des sottises d'autruy, Je creu quïl me falloit d'une mauvaise affaire En prendre seulement ce qui m'en pouvoit plaire. Ainsi considérant ces hommes et leurs soins , Si je n'en disois mot, je n'en pensois pas moins ; Et jugé ce lourdaut, à son nez autentique ^, Que c'estoit un pédant, animal domestique^, De qui la mine rogue, et le parler confus, Les cheveux gras et longs, et les sourcils touffus , Faisoient par leur sçavoir, comme il faisoit entendre, La figue sur le nez au pédant d'Alexandre*.

i. Pris au dépourvu. Panurge, dans Rabelais, liv. III, chap. xi, dit que les dez sont le verd du diable.».,. Le diable me prendrait sans verdj ajoute-t-il, s*il me rencontroit sans dez.

2. Terme assez fréquent dans les anciens poètes, où il a différentes significations. Mais ici il veut dire bien étoffé. Dans le Roman de la RosSy vers 67, fleurs autentiques^ pour fleurs grandes et bien formées .

3. Dans cette description du pédant, Régnier a fait entrer presque toute la pièce du Gaporali, poète italien, intitulée Del Pédante. Dans le premier tercet, il appelle son Pédant, un animal domesUque :

Un' animal domestico , ohe in casa D'altri più volte è stato per pédante.

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