Le mot itaUen mineetra signifie une soupe
L'iograt époox loi fit tAter D'une menestre empoisonnée
(ScARRON, satire contre on nommé Baron.)
Ce vers de Régnier, et les 27 suivants, sont traduits d'une autre pièce du même Gaporali, intitulée Sopra la corte.
Ma il caso è che , sUncontro havea Pompeo ,
il venerabil Costa , ch* à la mensa
Havean più braccle e man ohe Brlareo...
lo rimas! tal volta stapefatto ,
Che sempre ch* addocchiai qualche boccooe ,
Un di lor mi §11 dava scaoco matto.
Si ch' ail' hor m'aocors' io , messer Trifone ,
Ghe nella cotta, e nella cruda, il vilio
Delta carne ci dà gran tentatlone...
Ecco di brodo piene la scadelle ,
Dove non seppi mal d'anto ô di grasso
Gon Tastrolabio In maa trovar dae slelle.
Avoit deux fois autant de mains que Briarée ;
Et n'estoit, quel qu'il fust, morceau dedans le plat,
Qui des yeux et des mains n'eust un eseheq et mat.
D^oti j'aprins, en lacuitte, aussi bien qu'en la crue,
Que rame se laissoit piper comme une grue;
Et qu'aux plats, comme au lict, avecq' lubricité.
Le péché de la chair tentoit l'humanité.
Devant moy justement on plante un grand potage. D'où les mouches à jeun se sauvoient à la nage : Le brouet estoit maigre ; et n'est Nostradamus Qui, l'astrolabe en main, ne demeurast camus, Si, par galanterie, ou par sottise expresse.
Il y pensoit trouver une estoile de gresse.
Pour moy, si j'eusse esté sur la mer de Levant, Où le vieux Louchali^ fendit si bien le vent,
SMo fossi stato à fpuA natal fraoatso ,
Quai' kebbe il Titrco, io potrei somigliare
La mia scndella al gotfo di Patrasso.
Per6 Gh* in essa si tedeano andare
A gala 1 corpi de le mosche lesse ,
E i conTersi in oarbon , legni del mare.
Qui , Trifon , se per caso alcon dicesse
Che la comparation non gisse à sesto ,
E ch'io fossi obligato à l'intéresse :
Dite che legga Homero , ote in un teste
Fà nna comparation di certe mosche ,
Neforse calzaben, si corne in qnesto.
Ma lasciam le question dubbiose , e fosohe,
Her ohe siamo à tinel , etc.
1. Lowhali^ UeehUli^OchiaHy ou VluzzalHf fameux corsaire, renégat, natif de la Galabre en Italie. Dès sa jeunesse il avait été fait esclave par les Turcs , et avait renoncé au diristianisme pour recouvrer sa liberté. Il parvint à la vice-royauté d'Alger, et amassa de grandes richesses. On l'appelait ordinairement U vieux Loudialif Pendant la guerre de Chypre, Louchait se joignit à l'année navale des infidèlea, et commanda; l'aile gauche k la bataille de Lépante. Du-
Quand Sainct-Marc s'hablWa des enseignes de Thracé, Je le comparerois au golfe de Patrasse :
Pour ee qu'on y voyoit, en mille et mille parts, Les mousches qui flottoient en guise de soldarts ^, Qui morts semblotent encor\ dans les ondes salées , Embrasser les charbons des galères bruslées.
J'oy, ce semble, quelqu'un de ces nouveaux docteurs. Qui d'estoc et de taille estrîllent les autheurs , Dire que ceste exemple est fort mal assortie. Homère, et non pas moy, t'en doit la garantie. Qui dedans ses escrits, en de certains effets. Les compare peut-estre aussi mal que je faits.
Mais retournons, à table, où l'esclanche en cervelle Des dents et du chalan séparoit la querelle ; Et, sur la nappe allant de quartier en quartier. Plus dru qu'une navette au travers d'un mestier, Glissoit de main en main , ôà , sans perdre advantage , Ébréchant le cousteau , tesmoignoit son courage : Et durant que brebis elle fut parmy nous , Elle sçeut bravement se deffendre des loups ; Et de se conserver elle mit si bon ordre , Que, morte de vieillesse, elle ne sçavoit* mordre.
A quoy, glouton oyseau, du ventre renaissant Du fils du bon Japet te vas-tu repaissant 1 Assez, et trop long-temps, son poulmon tu gourmandes :
rant le combat, Louckali prit le large pour venir charger la flotte chrétienne par-derrière et dans les flancs; mais ayant appris la mort de Haly, chef de la flotte des Ottomans, il s'enfuit à toutes rames, suivi de trente-deux galères. C'est pourquoi Régnier dit que Louckali fenéit si bien le vent, avec d'autant plus de raison que le vent était devenu contraire à l'armée navale des Turcs dès le commencement du combat.
1 . Homère emploie souvent les mouches dans ses comparaisons : Iliade, liv. IV, XVI, XVII, XIX, etc.
3. Elle ne açauroU, dans toutes les éditions avant celle de 4649.
La faim se renouvelle au change des viandes.
Laissant là ce larron, vien icy désormais
Où la iripaille est frite en cent sortes de mets.
Or durant ce festin damoyselle Famine ,
Avecq' son nez étique, et sa mourante mine,
Ainsi que la Cherté par esdict l'ordonna ,
Faisoit un beau discours dessus la Lezina * ;
Et, nous torchant le bec, alléguoit Symonide,
Qui dict, pour estre sain, qu'il faut mascher à vuide.
Au reste, à manger peu, monsieur beuvoit d'autant
Du vin qu'à la taverne on ne payoit contant;
Et se faschoit qu'un Jean , blessé de la logique,
Luy barbouilloit l'esprit d'un ergo sophistique.
Esmiant, quant à moy, du pain entre mes doigts, A tout ce qu'on disoit doucet je m'accordois, Leur voyant de piot * la cervelle eschauffée , De peur, comme l'on dit, de courroucer la fée'.
Mais à tant d'accidents l'un sur l'autre amassez
f . Allusion à un ouvrage plaisent, composé en italien v^s la fin du seizième siècle, et intitulé Délia famosiasima Compagnl» delta Lezina f Dialogo, CapitoH, etc., par un nommé Vialardi. L'auteur feint rétablissement d'une compagnie composée de plusieurs officiers, dont les noms et les emplois sont conformes h leur institut; et le but de cet établissement est l'épargne la plus sordide. Il y a des statuts qui portent la lésine au plus haut point de raffinement. On a fait aussi en italien la Contra-Lezina, et une comédie intitulée le Nûsse d'Antilezina, ouvrage traduit en français, et imprimé à Paris, chez Saugrain, en 1604, in-i2.
2. Terme populaire pour dire boisson , de nuXv, mot grec qui signifie boire. Rabelais l'emploie souTent.
5. Clément Marot a employé cette façon de parler dans sa quarante-deuxième épître, ou première du Coq-à-l'âne,
Il fait bon être papelard , Et ne courroucer poiBt les fées ; Toutes choses qui sont coiffées Ont moult de lunes en la tête.
iU SATYRE X*
Sçachant qu'il en falloit payer les pots cassez, De rage, sans parler, je m'en mordois la lèvre ; Et n'est Job, de despit, qui n'en eust pris la chèvre. Car un limier boiteux , de galles damassé, Qu'on avoit d'huile chaude et de souffre graissé. Ainsi comme un verrat enveloppé de fange , Quand sous le corselet la crasse luy démange , Se bouchonne partout : de mesme , en pareil cas , Ce rongneux las-d'aller * se frottoit à mes bas; Et, fust pour estriller ses galles et ses crottes, De sa grâce il graissa mes chausses pour mes bottes , En si digne façon » que le frippier Martin , Aveeq' sa male-tache*, y perdroit son latin.
Ainsi qu'en ce despit le sang m'eschauffoit l'ame, Le monsieur son pédant à son aide réclame , Pour soudre l'argument, quand d'un sçavant parler
1. Las-d'alleff dans Rabelais, liv. I, chap. xxxviii etXLV, est un des six pèlerins que Gargantua mangea en salade.
Dans la Passion par personnages, fol. 159 , Nachor dit au valet Maucourant :
Ga haut , saoul-d 'aller , Maucourant , tien bientost parler A monseigneur.
2. Encore un des mots qui ont exercé les commentateurs. Brossette rappelle qu'au mot male-hossCj Furetière fait dire à Régnier :
Et le fripier Martin , Avec sa mâle-bosse y perdroit son latin.
Mais il ajoute que Furetière a sans doute cité de mémoire. Cette preuve ne suffirait pas pour décider que ce Martin fût bossu : il s'attache donc à expliquer le sens de male-tache en rapportant le pronom aa au limier et non au fripier. Mais il cite des vers de Sygognes qui
SAÎVRE X. i3o
il est qui fait la moue aux chimères en l'air. * Le pédant, tout fun^ux de vin et de doctrine, Respond Dieu sçait comment ; le bon Jean se mutine : Et sembloîtque la gloire, en ce gentil assaut, Fust à qui parleroit, non pas mieux, mais plus haut. Ne croyez en parlant que Tun ou Tautre dorme. Comment ! vostre argument, dit l'un, n'est pas en forme. L '•autre , tout hors du sens : Mais c'est vous, malautru. Qui faites le sçavant, et n'estes pas congru. L'autre : Monsieur le sot, je vous feray bien taire. Quoi ! comment ! est-ce ainsi qu'on frappe Despautère ^ .
constate qu*à cette époque le mot male-tftche désignait un dégraisseur :
Plaintes fois le mattre bravache
Eût appelé la male-tâche
Pour ce vieux chiffon dégraisser.
M. Vlollet s'étonne avec raison que dès lors Brossette n*ait pas compris que male-tâche est évidemment l'engin dont les dégraisseurs se servaient pour nettoyer, ce que constatent surabondamment ces vers du sieur de la Ronce :
Elles se firent mainte tache Où le crienr de male-tâche k bien perdu tout son latin
que le Cabinet satyrique donne avec cette version :
Oh le crieur Ae pierre à tache Eust bien perdu tout son latin *
i . C'est-k-dire pécher contre les règles de la grammaire ; comme on disait autrefois, donner un souffleta Ronsard, quand on péchait contre la pureté du langage. Ménage, dans sa Requête des Dictionnaires :
Si bien que les petits grimands, Ne rencontrant point tous ces mots , Suivant notre ordre alphabétique , Qui retient l'orthographe antique ,
It
Quelle inoongruité ! Vous mentez par les dents. Mais vous?... Ainsi ces gens, à se picquer ardents. S'en vindrent du parler à tic tac, torche, lorgne * ; Qui, casse le museau; qui, son rival esborgne; Qui, jette un pain , un plat, une assiette, un couteau ; Qui, pour une rondache , empoigne un escabeau* L'un fait plus qu'il ne peut, et l'autre plus qu'il n'ose. Et pense*, en les voyant, voir la métamorpbose Où les Centaures saouz, au bourg Attracien , Voulurent, chauds de reins, faire nopces de chien. Et, cornus du bon père, encorner le Lapithe, Qui leur fit à la fin enfiler la guérite , Quand, avecques des plats , des tréteaux, des tisons. Par force les chassant my-morts de ses maisons , Il les fit gentiment, après la tragédie , De chevaux devenir gros asnes d'Arcadie.
Nos gens en ce combat n'estoient moins inhumains. Car chacun s'escrimoit et des pieds et des mains; Et, comme eux, tous sanglants en ces doctes alarmes,
Entrent aussitôt en courroux , Et lors nous frappent à grands coups , Souffletant le Dictionnaire , Aussi bien que le Despautère.
Jean vanPauteren ouDespautre, dit Despautère, célèbre grammairien, né à Ninove en Flandres, mort en 1520 ou, selon d'autres, en 1534. Il professa h Louvain, àSaint-Winox, àBois-le-Duc, et a laissé un ouvrage très-estimé : Orthographia, ara epistolica, etc. *
1. Rabelais, liv. I, cbap. xix, fait dire à maître J^notus de Bragmardo, à la fin de sa harangue : Mais nac petetin petetac, ticque, torche lorgne. Le même : au cbap. xxix du liv. II, En frappant torche lorgne dessus le géant. Et au liv. IV, chap. lvi, où M. le Duchat fait observer que la plupart de ces mots sont pris de la célèbre chanson du musicien Jannequin, intitulée : La bataille ou défaite des Suisses à la journée de Marignan.
â. Et je pense.
La fureur aveuglée en main leur mit des armes ^ Le bon Jean crie au meurtre, et ce docteur, harault*. Le monsieur dit : Tout beau; Ton appelle Girault. A ce nom, voyant Tbomme et sa gentille trongne, En mémoire aussi-tost me tomba la Gascongne ^ : Je cours à mon manteau, je descends Tescalier, Et laisse avecq'ses gens monsieur le chevalier^. Qui vouloit mettre barre entre ceste canaille^. Ainsi, sans coup férir, je sors de la bataille, Sans parler de flambeau, ny sans faire aucun bruit. Croyez qu'il n'estoit pas, 4 nuict, jalouse nuict^!