‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 137 sur 252 · Insuevit pater optimus hoc me · texte numérisé non relu

Insuevit pater optimus hoc me

Ut fogerem , exemplis vitiorum qnœqoe notando. Gom me hortaretur, parce , frngaliter, atque Viierem ntf contentus eo quod mi ipse parasset.

(HOR., Ilv. 1, sai. IV.)

4. Nonne vides « Âlbi ut maie vivat fllius? utque Barras inops ? magnum docomentum ne patriam rem Perdere quis velit. » Â tnrpi meretricis amore Gum deterreret : « Sectani dissimiUs sis. »

(HoR., aift.)

Par son ambition : cet autre toute nuiet .

Boit avec des putains, engage son domaine :

L'autre , sans travailler, tout le jour se promeine : Pierre le bon enfant aux dez a tout perdu :

Ces jours le bien de Jean par décret fut vendu : Claude ayme sa voisine, et tout son bien lui donne. Ainsi me mettant Toeil sur chacune personne \ Qui valloit quelque chose , ou qui ne valloit rien , M'aprenoit doucement et le mal et le bien; Affin que, fuyant Tun, l'autre je recherchasse, Et qu'aux despens d'autruy sage je m'enseignasse.

Sçais4u si ces propos me sceurent esmouvoir, Et contenir mon ame en un juste devoir.

S'ils me firent penser ^ ce que l'on doit suivre Pour bien et justement en ce bas monde vivre ?

Ainsi que d'un voisin le trespas survenu ^ Fait résoudre un malade, en son lict détenu, A prendre malgré luy tout ce qu^on luy ordonne. Qui, pour ne mourir point, de crainte se pardonne' .

t« Sic me

Formabal pnernrn dictis ; et , sive jabebat Ut facerem quid : « Hâbes anctorem quo faeiaf hoc ; » Uniim ex judicibns seleetlg objiciebat ; SWe vetabai : « An hoo inhonestnin et ianlile faotu Neone ait addobites , flagret mmore malo dm Hieatqaeme?»

(HOR., ibid,)

S. ATidos Tioinom fiiniu ut «pes

Exanimai , mortisqne meta stbi paroere oofit.

(HOR., ibid.) 3. Ce vers ne rend pas bien le sens de celui d'Eorace. Mortisque meta sibi parcere cogit; c*e8t-k*dire Tobligc à se ménager» afin de ne pas mourir.

1H4 SATYRE XU.

De mesme les esprits débonnaires et doux * Se façonnent, prudents, par l'exemple des foux; Et le blasme d'autruy leur fait ces bons offices, Qu'il leur aprend que c'est de rertus et de vices.

Or, quoy que j'aye fait, si m'en sont-ils restez Qui me pourroient par l'âge à la fin estre ostez, Ou bien de mes amis avecq' la remonstrance , Ou de mon bon démon Suivant l'intelligence.

Car, quoy qu'on puisse faire, estant homme, on ne peut Ny vivre comme on doit ny vivre comme on veut. En la terre iey-bas il n'habite point d'anges : Or les moins vicieux méritent des louanges, Qui, sans prendre l'autifuy, vivent en bon chrestîen, Et sont ceux ^u 'on peut dire et saincts et gens de bien.

Quand je suis à part moy*, souvent je m'estudie (Tant que faire se peut) après ta maladie Dont chacun est blessé : je pense à mon devoir; J'ouvre les yeux do l'ame, et m'efforce de voir

1 . Sic teneros aDimos aliéna opprobria s»pe ÂlMterrent Yitiis. Ex hoc ego sanus ab illis Perniciem quœcumque fcrunt; mediocri^ttSi etqueis , Ignoscas , vitiis teneor. Fortassis et istino Largiler abstulerit longa a)tas , liber arnicas , Goosiliam prop.rium.

(HOR.', ibid.)

%, A par moy, dans les éditions antérieures à f 643.

Neqae enim , cum lectulos aut me Porticm excepit ; désûtti ttiihi : « Rectias hoc est ; Hoc faciens , Tivam nieiias : sic dulcis amicis Occnrram ; hoc qniilaiii boé belle : namqaid ego ilii Impradens olim faciam simile? » Uaec ego mecam Compressis agito labris ; ubî qoid dalur oti , Ulttdo chartis. Hoc est mediooribus illis Ex Tiliis aottno.

(HoR., ibid.)

Au travers d'un chacun : de l'esprit je m'escrime, Puis, dessus ïe papier, mes caprices je rime Dedans une satyre, où, d'un œil doux-amer, Tout le monde s'y voit, et ne s'y sent nommer.

Voilà l'un des péchés où mon ame est encline. On dit que pardonner est une œuvre divine.

Celuy m'obligera qui voudra m 'excuser ; A son gottst totttesfois chacun en peut user. Quant à ceux du mestier, ils ont de quoy s'ébatre : Sans aller sur le pré , nous nous pouvons combatre , Nous monstrant seulement de la plume ennemis. En ce cas-là , du roy les duels sont permis : Et faudra que bien forte ils facent la partie. Si les plus fins d'entre eux s'en vont sans repartie.

Mais c'est un satyrique, il le faut laisser là. Pour moi, j'en suis d'avis, et cognois à cela Qu'ils ont un bon esprit. Corsaires à corsaires. L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires *.

i . C'est un proverbe espagnol : De corsario a corsario no se Uevan que l08 barrilles. De corsaire k corsaire il n'y a que les barils d'eau à prendre.

Qn'eût-il fait? c'eût été lion contre lion ;

Et le proYerbe dit : Corsaires à corsaires ,

L'an l'antre s'attaquant , ne font pas lenrs affaires.

(La Fontaine, Ht. IV, fable xii.)

Mes révérends pères en Dieu ,

Et mes confrères en satire,

Dans vos écrits en pins d'an lieu Je vois qu'à mes dépens vous affectez de rire. Mais ne craignez-TOus point que pour rire de vous , Relisant Juvénal , refeuiUetant Horace , Je ne ranime enco^ ma satirique audace?

Grands Àrtstarques de Trévoux , N'allez point de nouveau faire courir aux armes

Ub athlète loat prêt à preadre son eot^é, Qtti , par vos traits malins an combat reiiga|;é , Pent encore aux rieurs faire Terserdes larmes.

Apprenes nn mot de Régnier,

Notre célèbre devaneler :

Corsaires atta^aat corsaires

Ne font pas , dit-il , leurs affaires.

(Boiuuu, épigr. UYU.)

SATYRE Xlir

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