‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 146 sur 252 · Aurum spectato, non qn» manus afferat anrum · texte numérisé non relu

Aurum spectato, non qn» manus afferat anrum

Versibus anditis , quid nisi verba fères ?

Qui Tersus, Cosb dederit nec munera yestis , Ipsius tibi sit surda sine arte iyra.

(Properce, Ht. IV, élég. v.)

L'on n'y regarde plus : soit sot ou genlilbomme , Massette de Régnier, on prend garde à la somme.

(Espadon salyrique, sat. L)

178 SAYTEE XIH*

Mais selon le profit et le bien qu'ils me foni.

Quand l'argent est meslé, l'on ne peut recognoistre

Celuy du serviteur d'avecq' celuy du malstre.

L'argent d'un cordon-bleu n'est pas d'autre façon

Que celuy d'un fripier, ou d'un aide à maçon.

Que le plus et le moins y mette différence ,

Et tienne seulement la partie en souffrance,

Que vous restabHrez du jour au lendemain ;

El tousjours retenez le bon bout à la main :

De crainte que le temps ne détruise l'affaire,

Il faut suivre de près le bien que l'on diffère,

Et ne le différer qu'entant que l'on le peut.

Ou se puisse aisément restablir quand on veut*.

Tous ces beaux suffisants dont la cour est semée

Ne sont que triacleurs et vendeurs de fumée.

Ils sont oeaux, bien peignez, belle barbe au menton ;

Mais quand il faut payer, au diantre le teston ;

Et faisant des mourants ', et de l'ame saisie ,

Ils croyent qu'on leur doit pour rien la courtoisie.

Mais c'est pour leur beau nez. Le puits n'est pas commun :

Si j'en avois un cent, ils n'en auraient pas un.

1 . Dans rédition de !642, on a ainsi corrigé ces deux vers :

Et ne le différa qu'entant qne Ton le peut Aisément restablir aussi test q[a'i>n le ^ent.

Ce changement a été adopté dans toutes les éditions suivantes, excepté celle de 1645, qui a gâté le sens en mettant :

Et ne le différant qn' entant qne l'on le peut , Od se puisse aisément restablir quand on veut.

3. Brossette a mis mourants^ au lieu de mouvants^ qui était dans toutes les éditions, et qui ne signifiait rien, au lieu que faire le mourant c'est faire comme ces amoureux tiansis dont Régnier a tracé ailleurs le por^it.

SATYRE xm. 179

Et ce poëte croté*, avecq' sa mine austère^ Vous diriez à le voir que c'est un secrétaire. Il va mélancolique, et les yeux abaissez, Gomme un sire qui plaint ses parents trespassez. Mais Dieu sçait, c'est un homme aussy bien que les autres. Jamais on ne luy voit aux mains des patenostres. Il hante en mauvais lieux: gardez^vous de cela; Non , si j 'estoy de vous , je le planteroy là. Et bien î il parle livre * , il a le mot pour rire ; Mais au reste, après tout, c'est un homme à satyre. Vous croiriez à le voir qu'il vous deust adorer'. Gardez, il ne faut rien pour vous déshonorer. Ces hommes mesdisants ont le feu souz la lèvre ; Ils sont matdineurs^, prompts à prendre la chèvre. Et tournent leurs humeurs en bizarres façons ; Puis, ils ne donnent rien, si ce n'est des chansons. Mais non, ma fille, non : qui veut vivre à son aise , 11 ne faut simplement un amy qui vous plaise , Mais qui puisse au plaisir joindre l 'utilité. En amours, autrement, c'est imbécilité.

Qui le fait à crédit n'a pas grande ressource : On y fait des amis, mais peu d'argent en bourse. PrenezHnoy ces abbez, ces fils de financiers,

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