‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 185 sur 252 · INÉDITE · texte numérisé non relu

INÉDITE

Je ne sçay pas pour quel péché Je fus en ces lieux attaché, Mais, pour moy, j'ay Uâme si lasche

Que je sçay bien qae je m'en fasché.

Il n'est i>hilosophe crotté, Tant déchaussé d'humanité, Dont l'âme de tout dépouillée Se mocque de sa barbouillée.

Qui ne perdist sens et raison D'estre toujours à la maison.

Où le caprice se débitte *Pour bien moins qu'une pitte^ Au reste, avec mon desplaisir, Bruslant d'impatient désir D'estre chez vous, je vous envie L'aise parfaict de vostre vie, Encor que je ne sois jaloux De vostre plaisir ni de vous.

Mais quoy ! c'est une frénésie, Puisqu'en tout temps la jalousie Suit toujours la félicité.

Comme l'ombre un soleil d'esté, El s'attache aux choses florides Comme au beau temps des cantarides.

J'essaye avec occasion De faire une division.

Moy, deçà delà ma maistresse, Je suis ainsy que le gibier Qui aux gluaux se fait lier :

Pensant eschapper, je m'englue.

J'ay l'âme forte et résolue.

L'esprit bon et l'engin subtil :

Quoiqu'il en soye, faudra-t-il, Par la loy du temps et de Faage, Que chascun trousse son bagage.

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