I . Célèbre couvent de religieuses h Paris
Si je stïis lors demeuré grue ;
J 'ay pris le chemin de la rue
Et pensois aller pour certain ,
Tout droit chez monsieur de Rostain *,
Pour continuer la présente ,
Mais un mal de teste me tante ,
Et Paris plein d'estonnements
De voir de si grands changements
En la cour du roy nostre sire :
On ne parte que de la cire
Et du nouveau garde des sceaux ^.
On a changé la place aux Veaux
Du costé du marais du TempVe.
Croyez que c'est un bel exemple
A ceux à qui fortune en dit ,
Et si nonobstant leur crédit
On a mis des placards aux portes
L'on va partout et sans escortes.
Doncques hier après disner
Nous allâmes nous promener
Pour savoir les galanteries
Que Ton faisoit aux Tuilleries,
Oii je ne trouve rien de neuf
Que mesdames de Ohàteauneuf -^,
I. AnneHurault, sœur de Tévêque de Chartres» épousa, le ts septembre i»9», Gilbert de La TrémottiUe , marquis de Royan : veore le 35 juillet 1603, elle se remaria a?ec Charles de Bostaingt, eomte de Bury, et mourut le 16 avril less.
3. Le marquis Brusiart de Sillery tenait les sceaux depuis le 3 janvier t60S , et ne fut disgracié qu'au mois de mai I6i6.
3. Marie de La Ghastre, fille de Claude, baron de La Maisonforl, et de Anne Robertot , mariée à Guillaume de L'Aubespine , baron de-Cbàteauneuf , eonSeiUer d'État. De ce mariage naquit le garde é9» sceaux de ce nom.
î#2 LETTRES.
De Luxembourg \ des Arts (?) ei d'autres
Du temps des Actes des A{M)stres;
Au reste bourgeois de Paris
Y fourmilloient comme souris -
Qui soRl nouvelles des^iichées ;
Toutes les allées jonchées
De bûchettes qui empesçhoiçnt
Qui le pourmeftoir recherchoient ;
Un vent froid y faisoit tempeste ,
Qui m'a fait grand mal à la teste
Et me contrainct garder le lict ,
Où je n'ay pas plus gr^nd déiict
Qu'à penser à vastre Excellence ;
Si vous estes encore en Frs^nce ;
Si la reyne-mère autrement
Se rappelle son bastiment^
Et que monsieur Brosse y travaille,
GaF il n'en est point qui le vaille,
Une fois s'il est achevé.
P^r un grand hasard j'ay trouvé
Monsieu^ du Puy sur la carrière*, .
1. Madeleine de Montmorency, dame de Thoré, marine le 19 juin 1597 à Henri de Luxembourg, duc de Pineyj morte au mois de décembre l6iS ; sa fille épousa d*abord M de Brantes', frère du duc de Luynes , puis Charles Henri de Glermont-Tonnerre , dont la fille unique porta le nom et le duché de Luxembourg k François- Henri de Montmorency (IT mars 4661), maréchal de Fraace.
ï. Le jardiit des Tuileries était alors le lieu de 4)roHiettade des Parisiens; ce ne ftit que plus lard qu'oa se porta au cours Saint- Anteine, près de l'Arsenal, et le Cours-k-fteine ne fat plaaté ■qu'en 1650.
3. Le palais d'Orléarts ou du Luxembourg , construit par Marie de Médicis.
4. Pierre étL Puy, fils de Claude du puy, censeiUer au parlement de Paris , et de Claude Sanguin, parent de M. delhou, et par conséquent de Hurault; il est devenu célèbre par son érudition, etltU»
LETTRES. ÎÎ65
Qui m'a donné quelque lumière
De vous et de vostre santé ,
Car sans cela j'estois gasté ,
Ne sçachant sur quel pié me mellre
Pour amplifier ceste lettre.
Incertain des événements
Parmy ces nouveaux changements.
Un président de cette ville
Pensott mériter comme babille;
L'autre premier avoit le vent
De s'assurer d'aller devant,
— Mais ayant cru que par prudence
De la Re^ne Fortiyie advance
Ceulx qu'il luy plaist par cas nouveaux,
Luy ayant osté son bandeau ,
Et que désormais la déesse
Verra bien où elle s'adresse, —
11 s'est grandement contenté
De ce qu'a fait Sa Majesté,
Et moy au contraire j'enrage
Que des yeux Fortune ait l'usage.
C'est bien pour me désespérer,
De quoy je me puis assurer
Que jamais cette belle dame ,
Encore que je la réclame,
N*en donnera de mon costé
Pour me guérir de pauvreté.
Mais quelque chose qui m'arrive,
Quand je n'auray qu'un pied de grive
Et qu'un grain de bled à manger,
Jamais je ne sçaurois changer,
comme on sait, garde de la Bibliothèque royale. 1583 — 14 décembre 1652.
2i^i LETTRES.
Et tousjours quelque temps qu'il face , Pourveu que j'aye un peu de place Envostre grâce, il me suffit; Je ne puis estre desconfit, Et que Tréon à mon génie Quelques traits du sien ne desiile , Je nargue tous les inçidens Qui sont aux destins résidens.
AU MÊME, MÊME ANNÉE