‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 190 sur 252 · INÉDITE · texte numérisé non relu

INÉDITE

Si je n'estois pour mon pesché En mon procès fort empesché , Je m'en fusse allé en grand erre ^ Vous retrouver en Angleterre, Si vous y estiez, il s'entend; Mais à cela que l'on comprend Vous n'estes point dehors de France :

C'est pourquoy j'ay bonne espérance De vous revoir en peu de jours , ' S'il plaist au comte de Limours K Or vous sçaurez que pour ceste heure. Où mon cœur en esprit demeure,

l. Vieux mot, aller grand train. — Régnier stoutenait alors un procès contre Tabbé Vialart, qui lui disputait son èanonicat^ Voyez éplgramme IV.

1. Louis Hurault, comte de Limours , frère de l'évêque de Chartres, marié h Isabelle d'Escoubleau de Sourdis , mort sans postérité.

Il est donc, c'est un fort grand cas, Dedans le sac aux advocats , Qui sçavent tirer en cachette Les pistolles de ma pochette :

Encore ne m'en chaudroit-il S'ils avoient l'esprit si subtil Qu'ils me fissent gagner ma cause.

J'en ay si grand peur que je n'ose Danser, rire ny fianter, Venant à me représenter.

Si je perdais la chanoinie.

Que de moy le monde ne rie , Et (][ue je ne sois fort moqué , Si je suis ainsy défroqué.

J'y fais tout ce que l'on peut faire.

J'en parle et si ne m'en puis taire; Je trotte le soir, le matin ; J'y emploie tout mon latin, Je cry, j'escris et je tempeste Après une meschante enqueste Qu'on dit estre tout mon salut.

Cependant bien peu s'en falut

* Que jeudy, l 'après disnée, Ma cause ne se fust plaidée.

Au reste , pour changer de ton , Il seroit fort bon , ce dit-on , Laissant les champs et le village, Que fissiez icy un voyage.

* J'ay veu cent mille estourneaux Au Louvre dire mots nouveaux ; Qui donne d^estoc et de taille, Qui perd, qui gagne la bataille , Qui gage qu'il n'en sera rien.

Bieu veuille que tout aille bien ! -

2W tÈTTiaîa.

Cependant la Reyne s'appreste, SI le feu nous dure à la teste , Avec d'hommes un milion De s'en aller droict à Lion , Où chascun déjà s'achemine.

J'ay toujours fort mauvaise mine Et n'engraisseray, ce dit-on, Que je ne mange du mouton ; Car pour guérir un mal extresme Il ne fault jeusner le caresme.

C'est assez d'un esprit perclus, Tréon vous dira le surplus , Estant en prose comme en rime Vostre valet humilissime.

AU MÊME, MÊME ANNÉE

(^NÉDITB)

Lé dos au feu, la teste embéguinée.

Faisant le sot dessous la cheminée , Je tousse , crache et suis plus morfondu Que jeune moine à l'eau froide tondu, Ny que Margot ayant dormi pasmée , Le c. ouvert et la bouche fermée.

Ce néanmoins, en despit de la toux.

Vous voyez bien que je pensois à vous , Qui devriez, ainsi que maistre Biaise , Vous reposer et vous mettre à votre ayse.

Sans vous troubler de tant de difïérens ,

LÊTIilES.

Ny des Grandins, ny des pères Laurens; Si fi'ayant rien ils vivent de leurs rentes Des missions de Vendosme et de Nantes ; Si le doyen a l'esprit de travers , Si le gros boit ou si je fais des vers.

Qulmporte-t-il pour un tel personnage Que Jean soit fpl et Nostradamus sage?

L'on n'est pas né pour partager l'ennuy Par résultat des sottises d*autruy ; De toute affaire, ou plaisante ou modeste., J'en prens le bien et laisse là le reste * Faictes de mesme et ne vous faschez point :

Le temps enfin mène tout à son point^.

Or trouvez là le mot pour rire,

Car la toux m'empesche d'escrire ;

C'est pourquoy je finis ce mot ,

Votre serviteur, Jean le sot.

(inédite)

Vous mentez! je ne suis pasyvre.

Je sçay pour moy comme il faut vivre, Manger par règle et par compas, Et comme en prenant leur repas Les gens en honneur se maintiennent.

Vertudieu! les cirons me viennent, Les rats font guerre aux papillons.

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