‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 194 sur 252 · RÉPONSE A LA LETTRE D'UN AMI, AN · texte numérisé non relu

RÉPONSE A LA LETTRE D'UN AMI, AN

(inédite)

J'ay leu, Monsieur, vos vers beaux à merveilles

i. Probablement Abel Servien, qui deyint, en 1616, procureur général , puis marquis de Sablé, ministre d'État, surintendant de$ finances, chevalier des ordres, et mourut en 1659.

Où VOUS tenez le loup par les oreilles.

Et suis fasché qu'il ne me soit permis y

Ainsy que vous, d'estre avec mes amis.

Mais de par Dieu, tost ou tard, quoiqu*on die ,

Je mettray fin à ceste comédie.

Cela soit dit : à ce point ne dis mot !

Je suis icy à baiser le marmot,

Crotté, mouillé, rosdant de rue en rue

Et sur un pied faisant souvent la grue ,

En attendant d'un courtisan nier (?)

Ou d'un seigneur un froid bonadier,

Dont au logis je fais le petit conte

Et fais rougir telles gens de leur honte ;

Puis je me mets pensif à rêvasser

Car je ne sçay sur quel pied danser ;

Mille raisons hurlu-berlu m'assaillçnt

Et après quoy tous mes sena se travaillent ;

Et de pensers je suis plus agité

Qu'un grand vaisseau par l'orage emporté :

Estant au port, je ne puis pas trouver

De ce naufrage un ais pour me sauver.

Allez, mon cœur, porter contre la foudre ;

Sainte vertu, pour Dieu, fais-moy résouldre ,

Rends mon esprit de vigueur animé ,

Et du malheur. Seigneur, libéra me.

Et pour changer et de gamme et de note.

Laissant à part la cage et la linotte ,

Je vous promets de vous revoir en peu ,

Car j'ay toujours les pieds dedans le feu ,

Lorsque je suis sans vous voir et vous dire

Qu'absent de vous je me fonds comme cire.

Je suis joyeux du soin que vous avez

De recouvrer le filon que sçavez :

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