Nequitfam fagio , fogientem forma redacH
ÂTarflor moram crimina , corpnt amo.
Sic ego Dec sine te nec tecum TiTere possum ,
Et Tideor Toti nescios esse mai.
Ant formosa fores minus , ant minns improba, TeUem :
Non facit ad mores tam bona forma maies.
{Ovna, im.)
Que ton e^rH blessé ne soit maisire de soy, Je n'entens en cela te prescrire nne loy ; Te pardonnant par moy ceste ftxreur extresme, Ainsi comme par toy )e l'excuse en moy-mesme : Car nous sommes tous deux, en nostre passion, Plus dignes de pitié que de punition.
Encore, en ce malheur où tu te précipites, Dois^u par quelque soin t*obliger tes mérites, Cognoistre ta beauté, et qu'il te faut avoir, Avecques ton amour, esgard à ton devoir.
Mais, sans discrétion, tu vas à guerre ouverte; Et, par sa vanité triomphant de ta perte, Il monstre tes faveurs, tout haut il en discourt; Et ta honte et sa gloire entretiennent la cburt. Cependant, me jurant, tu m'en dis des injures. Dieux qui sans pitié punissez les parjures, Pardonnez à ma dame, ou, changeant vos effects. Vengez plutost sur moy les péchez qu'elle a faicts.
S'il est vray, sans feveur, que tu l'escoutes plaiitidre. D'où vient pour son respect que l'on te voit contraindre? due tu permets aux siens lire en tes passions. De veiller jour et nuict dessus tes actions ; Que tousiours d'un vallet ta carosse est suivie, v Qui rend, comme espion, conte exact de ta Vie; Que tu laisse^ un chacun pour plaire à ses soupçons, fit que, parlant de Dieu, tu nous fais des leçons. Nouvelle Magdeleine au désert convertie ; Et jurant que ta flame est du tout amortie.
Tu prestens finement, par ceste mauvaitié^, Luy donner plus d'amour, à moy plus d'amitié;
I. II fallait écrire : que tu laisses , c'est pourquoi on avaitinis : que tu laisses chacun, depuis l'édition de 1649.
3. Mauvaisliéy dans l'édition de 1613 et les suifantes, et c'est ainsi qu'on récriyait toujours, ^uand ce mot était en usage.
ÉLÉBIÈ I. i89
Et, me culdâïit * tromper, tu roudr^te faire aeeroire, Avecques fkux serments, que la neige fnst noire? Mais, comnïe tes propos, ton art est deseouvert, Et chacun, en riant, en parle à cœur ourert ( Dont je crève de rage) ; et voyant qu'on te Wasme, Trop sensible en ton mal*, de regret je me pasrae ; Je me ronge le coeur, je n'ay point de repos; Et voudrols estre sourd, pour Testre à ces propos. Je me hais de te voir ainsi mésestimée.
T^aymant si dignement, j'ayme ta renommée ; Et si je suis jaloux, je le suis seulement De ton honneur, et non de ton contentement.
Fais tout ce que tu fais, et plus s'il se peut faire*; Mais ehoisys pour le moins ceux qui se peuvent taire. Quel besoin peut-il estre, insensée en amour, Ce que tu fais la nuit, qu'on le chante le jour ^; Ce que fait un tout seul, tout un chacun" le sçache ;
1. Et me pensant tromper, correction nouvelle dans la même édition de 1643 et dans celles qui ont suivi.
3. C'est ainsi qu'on lit dans les anciennes éditions. Celles de 165i, 1655, 1667, etc., portent : trop sensible à ion mal, qui est la bonne leçon ; 1643 et 1645 : à mon mal.