Audaces Fortnna juTat, timidosque repelùt
5. Ces stances ont été jointes pour la première fois aux œuvres de Régnier par M. Viollet-Le-Duc ; elles n'avaient jusqu'alors été imprimées que dans le Pam^se satyrique. Elles semblent avoir été
POÉSIES DIVERSES. 3dS
Que comme un astre saint je révère à genoux, Ppurquoy ne m 'aymez-vous ?
Si vous que la beauté rend ores si superbe, Devez, comme une fleur qui flestrit dessus l'herbe, Esprouver des saisons Toutrage et le courroux, Pourquoy ne m'ayniez-vous?
Voulez-vous que vostre œil en amour si fertile Vous soit de la nature un présent inutile?
Si TAmour comme un dieu se communique à tous, Pourquoy ne m'aymez-vous?
Attendez-vous qu'un jour un regret vous saisisse? C'est à trop d'intérest imprimer un supplice. Mais puisque nous vivons en un âge si doux, Pourquoy ne m'aymez-vous?
Si vostre grand' beauté toutes beautés excelle. Le ciel pour mon malheur ne vous fist point si belle ; S'il semble en son dessein avoir pitié de nous , Pourquoy ne m'aymez-vous?
Si j'ay pour vous aymer ma raison offensée.
Mortellement blessé d'une flesche insensée * Sage en ce seul esgard que j'en benys l'es coups, Pourquoy ne m'aymez-vous?
composées par Régnier pour quelques puissants amis , G(Hnme les vers qu'il a déjà rimes pour Henri IVf car elles sont peu conformes h ses sentiments , si fréquemment et si franchement exprimés.