‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 217 sur 252 · POUR LA BELLE CLORIS · texte numérisé non relu

POUR LA BELLE CLORIS

Cloris, le bien qui m'importune* Ne change ma condition :

i . Gomme les deux précédentes , cette pièce n'avait paru , ayant l'édition ViolletrLe-Duc , que dans le Parnasse satyrique, S. Ces staneeg doivent avoir été composées pour le compte de

t»OÉSIES DIVERSES. 339

. Le changement de ma fortune Ne finit pas ma passion.

Mon amour est trop légitime Pour se rendre à ce changement :

Et vous quitter seroit un crime Digne d'un cruel chastiment.

Vous avez dessus moy, Madame, Un pouvoir approuvé du temps ; Car les vœux que j'ay dans mon ame Servent d'exemple aux plus contents*.

Quelque force dont on essaye D'assujettir ma volonté, Je beniray tousjours la playe Que je sens par vostre beauté.

Je veux que mon amour fidelle Vous oblige autant à m'aymér.

Gomme la qualité de belle Vous faict icy-bas estimer.

Mon ame à vos fers asservie.

Et par amour et par raison, Ne peut consentir que ma vie Sorte jamais de sa prison.

N'adorant ainsy que vos chaisnes Je me plais si fort en ce lien,

(uelques grands seigneurs , pour Henri IV peut-être , car la con- ;tance dont il est parlé plus bas ne saurait s'appliquer à Régnier. 1. Constants?

Qu'il semble que parmy mes peines Mon ame gouste quelque bien.

Vos vœux, où mon ame se fonde, Me seront à jamais si chers , Que mes vœux seront en ce monde Âussy fermes que des rochers.

Ne croyez donc pas que je laisse Vostre prison qui me retient.

Car jamais un effet ne cesse Tant que la cause le maintient.

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