SUR LA MORT DE M. RAPIN
Passant, cy-gist Rapin, la gloire de son âge. Superbe honneur de Pinde et de ses beaux secrets,
de Cujas et succéda à Ramus dans la chaire d*éloquence , à Paris, fl a surtout composé des poésies latines , et était fort estimé de Balf • deBelleau et de Ronsard, ainsi que Des Portes nous l'apprend toi une pi^ce de yers. Il est mort à Paris en 1602.
i . Ce sonnet fut publié par Brossette pour la première foie parmi les œuvres de Régnier ; il n'avait encore paru que dans une ée dernières éditions de Hollande ; il est inséré à la fin des œuvres if
Qui^ vivant, surpassa les Latins et les Grecs, Soit en profond sçavoîr, ou douceur de langage.
Éternisant son nom avecq' maint haut ouvrage. Au futur il laissa mille poignants regrets De ne pouvoir atteindre, ou de loin, ou de près, Au but où le porta l'étude et le courage.
On dit, et je le crois, qu'Apollon fut jaloux, Le voyant, comme un dieu, révéré parmy nous.
Et qu'il mîst de rancœur si tost fin à sa vie.
Considère, passant, quel il fut icy-bas.
Puisque sur sa vertu les dieux eurent envie.
Et que tous les humains y pleurent son trespas.