TESTAMENT DE DES PORTES
Je ne pense pas publier, en terminant, un document inutile en faisant connaître le testament de Philippe des Portes. Cette pièce a été découverte en 1853 par MM. Chassant et Bréauté dans les archives de la vicomte de Pont-de-rArcbe, actuellement déposées au greffe du tribunal civil de Louvain : elle n'a été jusqu'à ce jour que publiée à petit nombre en un tirage à part de l'article paru dans le journal de cette ville.
On remarquera que Tabbé de Tyron pense à tous les siens, notamment à sa sœur madame Régnier, mais qu'il ne fait même pas mention dans ce testament du neveu qui vivait cependant continuellement chez lui, et auquel il semble qu'il portait une sincère affection. Ce silence à T égard de Régnier paraîtra assurément extraordinaire, à moins qu'on ne l'explique par la certitude où des Portes était que Mathurin serait largement pensionné sur les bénéfices qu'il laisserait vacants. Cette expli<5ation ellemême est cependant très-peu satisfaisante, et je me contente de publier le document sans plus de com^
meniaires. Je ferai seulement remarquerencore qu'il donne des détails précis sur la famille de des Portes en mentionnant son frère de Bevilliers , ses sœurs Régnier, du Palais , et ses neveux de Champrout , Guillemin et sa nièce Guillemin, mariée au sieur Morin.
A tous ceulx quy ces présentes lettres auront ou orront, le garde du séel aux obligations de la viconté de Pontrde-1 'Arche, salut. Sçavoir faisons que par-devant Noël Pappeil et Thomas Liard, tabellions pour le roy nostre sire en la ville et viconté de Pont-de-l'Arche, siège dud. lieu, pais deNormendie,baflliaigedeRouen; au nom de Dieu, Amen. Fût présent Philippes Desportes, natif de Chartres, aagé de soixante ans ou environ, sain d'entendement, mais malade de corps, estant an logis de Bonport, lequel a déclaré que c'est icy sa dernière voUonté pour estre exécutée quand il plaira à Dieu le retirer de ce monde, a faict, nommé, dicté et ordonné en présence de nous tabellions, sus-nommés, et. des témoings cy apprés desnommés, son testament et dernière voUonté selon qu'il ensuict de sa propre bouche, premièrement : « Je veux estre enterré à Bonport, et donne au prieur et religieux la maison que j'ay à Criquebeuf-sur-Saine, appartenances et dépendances d'iceHes, à la charge qu'ilz diront tous les ans, le jour de mon décedz, ces deux speaulmes (sk) : Quam dileeta Uh bernacula tua et Letatus sum in his-que dieUimntj pour toultes charges. Je laisse à mes héritiers tous les biens quy me sont venus par successions paternel et maternel, et les partz que j'ay acquises d'eulz en Testât qu'elz sont à présent. Je donne tou3 mes biens à mon frère Monsieur de BevUles, tant meubles acquestz et con-
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qaestz, aux charges et conditions qui eMuyveni, premiéreiiftent: Je yeux que ma sœur Régnier demeure quitte et descliargée de l'obligation de dix-sept cents tant d'eseus qu'elle me doibt, sur laquelle somme elle m'a payé quatre centz escus dont elle n'a retiré quittance que de trois centz escus, et du terme de Saint- Jehan depuis eseheu qu'elle me doibt, ensemble de tout le maniment qu'elle à eub de mon bien jusques au jour de mon décedz, et ce, moyennant qu'elle baille mille lirres k la allé aisnée Dupont Girard, au lieu de cent escus que j'aurois ey devant promis à lad. fille aisnée de ma sœur du Pallais. De deux centz livres de rente que me doibt Guillemme Baif * , j'en donne cent livres à Philippe Baif sa fille, et les aultres cent livres à ses aultrès enfftos, et tous les arréraiges audit Guillemme Baif leur père ; plus je luy donne une obligation de deux centz escus de feu Monsieur Baif et Madame Patour sa mère, que j'ay paiée pour eux. Je donne à mon nepveu Guillemin Lejeune trois mil livres et le droit de quinze deniers pour minot de séel que j'ay sur les greniers à séel de Pont*4e4'Arche ; je prie mon frère Monsieur de BeuvUles de paier Jehan Busquet de cent escus de ses gaiges quy lui smit deulz, et au prorata jusques au jour de mon décedz. Je donne cent escus à Monsieur Gastel, pour les services qu'il m'a faictz en ceste présente année, oultre ses gaiges. De deiui centz escus de rente que j'ay sur les greniers de Normendie, j'en donne cent escus à ma niepce Anne Guill^nin, ièmme de Monsieur Morin ; je donne deux mille livres à Durand Baudoin ; mille livres à <Jehan Roux, mon homme de chambre, et dix escus de rente que j'ay sur le greffier de
1 . Il ne faut pas le confondre avec Jean-Antoine de Baif; le poète delà Pléiade.
AOi APPEHDIGIS.
Tostes, avec Ums les arréraiges and. Le Roux, ensemble tons mes aceoustrementz, hormis ceulx qu'il pMra à mon frère se réserver. Je laisse à mon nepveude Oomprout tous mes meubles de bois quy sont en ma maison o!t Je demeure à Paris^ et ustancilles decmisine hors mis la vaisselle d'argent, et prie mon frère de luy faire part de quelques meubles pour s'accomoder en ladfote maison. Je laisse à la bonne femme Françoise deux mens par mois sa vie durand. J'ay cy devant donné six eentz eseus de rente à Philippes Desportes, ainsy que saict mon frère ; je le prie de les assurer du mieux qu.'il le pourra sur tout mon bien et ravoir pour recommandé. Je laisse à Monsieur Le Maresçhal, conseiller en la court de parlement de Paris , mon saphix bleu H ma
grande d'Anvers pour tesmoignaige d'amitié, et le
prie d'estre l'exécuteur de mon présent testament* Tous mes communs serviteurs seront paies de tous les gaiges qui leur sont deubz jusques au jour de mon décedz, et de trois mois d'avantaige, diacun recommandant moB ime à Dieu, lequel je prie d'avoir pitié de moy par l'intercessfcm de son fils unique Jésus Christ notre rédempteur. Amen. Et pour le regard des aulmones que je veux estre faictes aux pauvres, je m'en rapporte à mon frère qui en fera selon sa conscience. » Après lequel testament ainsy nommé et dicté comme dessus de sa propre bouche, luy en avons faict lecture de mot après aultre, présents les tesmoings cy-après, quy a dict de reschef et déclaré estre telle sa dernière volionté, et veult et entend qu'il soict ainsy exécutté, promettant ledict sieur testateur avoir tout le contenu cy-dessus pour agréable, ferme et stable ainsy que dict est ; et puis ledict sieur testateur a dict avoir oublié à disposer de ce quy ensuict, assavoir qu'il donne à son petit laquais Chambrelin la somme de soixante-quinze livres
pour luy avoir ce quy luy sera nécessère, et que Ton rende une promesse de la somme de soixante-douze livres que doibt Jacques de SaintrPierre, oncle du petit Guillerame^ pour luy aider à le mettre en mestier. Présents nobles hommes : M"" Guillemme Luson, médec:in ordinaire du Roy, demeurant en la ville de Paris, rue Marmouzetz en la cité, et Charles Bras de fer, docteur en médecine, demeurant en la yille de Rouen, paroisse de Saint-Lô , du présent estant audict lieu de Bonport quy ont avec ledict sieur et nous singné à la notte et minutte de ses présentes suyvant Tesdictet ordonnance du Roy nostre dict seigneur. Ce fut faict et passé audict lieu de Bonport, Tan de grâce mil six cent six, le samedy de septembre, sur les dix heures du matin. Ainsi singné Pappeil et Liard et scellé, enfin duquel testament sont escriptz trois insinuations d'icelly.
riN DE L APPENDICE.