SUR SES SATYRES
Oui de nous se pourroit vanter De n*estre point en servitude, Si rheur*, le courage et lestude Ne nous en sçauroient exempter; Si chacun languit abbatu , Serf de l'espoir qui Timportune; Et si mesme on voit la vertu Estre esclave de la fortune?
L'un aux plus grands se rend subject ; Les grands le sont à la contrainte , L'autre aux douleurs , l'autre à la crainte , Et l'autre à l'amoureux object.
Le monde est en captivité :
Nous sommes tous serfs de nature ; Ou vifs*, de nostre volupté ; Ou morts, de nostre sépulture.
Mais en ce temps de fiction ,
i. Cette ode est de Pierre Motin, natif de Bourges, à qui Régnier adresse sa quatrième satire. Dans cette ode , l'auteur a youIu montrer que tous les hommes sont esclaves de leurs passions, surtout de l'amour et de l'ambition. De là il prend occasion d% louer la liberté courageuse avec laquelle Régnier écrivait contre les vices de son temps et contre les mauvais poètes. Motin était mort en i6i5, comme il paratt par des stances de Bonnet, son neveu, imprimées la même année dans les Délices de la poésie française, de Rosset, pige