‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 37 sur 252 · Pour tes sHjets · texte numérisé non relu

Pour tes sHjets

6 8ATYRE I.

Gomme au dieu du pays, en ses desseins parjures* Tu fais que tes bontés excèdent ses injures.

Or, après tant d'exploicts finis heureusement, Laissant aux cœurs des tiens, comme un vif monum^, Avecque ta valeur ta clémence vivante.

Dedans l'éternité de la race suivante; Puisses-tu, comme Auguste, admirable en tes faicts, RouUer tes jours heureux en une heureuse paix ! Ores que la justice icy-bas descendue Aux petits comme aux grands par tes mains est rendue; Que, sans peur du larron, trafique le marchand; Que rinnocent ne tombe aux aguets^ du meschant; Et que de ta couronne, en palmes si fertile.

Le miel abondamment et la manne distile.

Gomme des chesnes^ vieux aux jours du siècle d'or. Qui renaissant souz toy reverdissent encor.

Aujourd'hui que ton fils^ imitant ton courage. Nous rend de sa valeur un si grand tesmoignage, Que, jeune, de ses mains la rage il déconfit,

i. Ses desseins se rapporte k ton svjeU Ces quatre on cinq ^ers seraient plus clairs, si, dans le yers douzième , Fauteur avait mis tes stffâts , au lieu de ton sujet , en construisant la suite de cette maniée :

Jamais antre que toy n'enst, ayecqne prudence , Vaincn de tes sujets l'ingrate ontrecnidance , Ne les eust, comme toy , du danger préserré ; Car, estant ce miracle à toy seni réservé Comme an diea d« pays , en leurs desseins paijnres. Tu fais que tes bontés excèdent lenrs injures.

3. Vieux mot qui signifiait embûches; d*oti vient le terme de guiapens, formé de Tancienne expression aguet appensé.

3» Et dur» querctts sudabunt roscida melia.

(ViRG., égl. IV, T. 30.)

4. Le dauphin , qui fut ensuite le roi Louis Xill , né à Fontaioebkau le 27 de septembre I60i.

SATYRE ï. 7

Estouffant le^ serpents ainsi qu'Hereule fit* ; Et, domptant la discorde à la gueule sanglante*, D'impiété, d'horreur, encore frémissante, II hii trousse les bras de meurtres entachez. De cent chaisnes d'acier sur le dos attachez ; Souz des monceaux de fer dans ses armes l'en terre, Et ferme pour jamais le temple de la guerre, Faisant voir clairement, par ses faicls triomphants, Que les rois et les dieux ne sont jamais enfants : Si bien ques'eslevant souz ta grandeur prospère, Généreux héritier d'un si généreux père.

Comblant les bons d'amour et les meschants d'effroy ^

1. Pendant la nuit qui suivit la naissance d*Hercule, Junon envoya , dit-on , deux serpents pour le dévorer dans son berceau ; mais ce jeune enfant les étouffa. Théocrite a consacré sa 34« idylle au récit de cette fable.

f . La naissance du dauphin apaisa les troubles , en étouffant les projets auxquels la stérilité de Marguerite de Valois , première femme de Henri IV, avait donné lieu.

Ce sera vous qui de nos villes Ferez U beauté refleurir; Vous qui de nos haines civiles Feres la racine mourir ; Et par vous la paix asiorée N*aQra pas la courte dorée Qu'espèrent infidèlement, Non lassés de notre sonffirance , Ces François qni n'ont de la France Que la langne et lliabiUemont.

Par vons un dauphin nous va naître, etc.

C'est la prédiction que Afalberbe faisait dans une ode qu'il présenta en 1600 à Marie de Médicis , quand eUe vint en France épouser Henri le Grand.

3. On dit combler d'amour, de biens , de faveurs; mais on ne dit pas cmèler O'effl^i.

U se rend au berceau de^a digiie de toy*.

Mais c'est mal coii4e»ter mon humeur frénétique, Passer de la satyre en un panégyrique', Où mollement disert, souz un subject si grand, Dés le premier essay mon courage se rend* Aussi, plus grand qu'iËnée, et plus vaillant qu'Achille, Tu surpasses Tesprit d'Homère et de Virgile, Qui leurs vers à ton los^ ne peuvent esgaler, Bien que maistres passez en Tart de bien parler. Et quand j'esgallerois ma muse à ton mérite.

Toute extrême louange est pour toy trop petite^, Ne pouvant le finy joindre l'infinité ; Et c'est aux mieux disants une témérité De parler où le ciel discourt par tes oracles. Et ne se taire pas où parlent tes miracles ; Où tout le monde entier ne bruit que tes projects^ ;

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