Trahissant tes honneurs pour trahissant ton honneur
4. Boileau a étendu cette pensée , lorsqu*U parle de ces poètes qui cherchent l'immortalité en faisant les éloges des grands hommes :
L'on, en style pompeux habillant une églogue , De ses rares Tertos te fait un long prologue » Et mêle , en se Tantant soi-même à tout propos » Les louanges d'an fat à celles d'an héros.
{Discours au roi.)
5. Lenglet-Dufresnoy dit qu'ici impudants est pour impudemment^ ou plutôt hardiment. C'est une erreur : Impudants se rapporte aux jeunes Romains.
SATTRE I« il
Les plus vieux de Testât, de reprendre, et de dire Ce qu'ils pensoient servir pour le bien de Tempire. Et comme la jeunesse est vive et sans repos, Sans peur, sans fiction % et libre en ses propos. Il semble qu'on luy doit permettre davantage : Aussi que les vertus fleurissent en cet âge, Qu'on doit laisser meurir sans beaucoup de rigueur. Afin que tout à l'aise elles prennent vigueur.
C'est ce qui m'a contraint de librement escrire. Et sans picquer au vif me mettre à la satyre; Où, poussé du caprice, ainsi que d'un grand vent, Je vais haut dedans l'air quelquefois m'eslevant; Et quelquefois aussi , quand la fougue me quitte , Du plus haut au plus Ijas mon vers se précipite. Selon que, du subject touché.diversement, Les vers à mon discours s'offrent facilement : Aussi que la satyre est comme une prairie ', Qui n'est belle sinon en sa bizarrerie ; Et, comme un pot-pourry^ des Frères mendiants. Elle forme son goust de cent ingrédiants.
Or, grand roy, dont la gloire en la terre espandue Dans un dessein si haut rend ma muse esperdue. Ainsi que l'œil humain le soleil ne peut voir,