Pour sans déguisement, sans feinte
2. Dans ce lets et les trois suivants , Régnier peint la satire grecque, qui consistait dans le mélange du sérieux et du grotesque; car la satire dont Lucilius fut l'inventeur est un poème railleur ou piquant , composé pour critiquer les ouvrages ou pour re* prendre les mœurs. « Satyra dicitur carmen apud Romanos nunc
• qnidem maledicum , et ad carpenda hominum vitia archaeœ co- « mœdise caractère compositum, quales scripserunt Lucilius et Ho« « ratius et Persius. Sed olim carmen quod ex variis poematibus
• constat satyra vocabatur, quales scripserunt Pacuvius et Ennius. » (Diomed., ex. lib. m Grammat.)
3. Un mélange de viandes et de légumes : en espagnol , alla po-
L'esclat de tes vertus offusque tout sçavoir ;
Si bien que je ne sçay qui me rend plus coupable ,
Ou de dire si peu d'un subject si capable,
Ou la honte que j'ay d'estre si mal appris,
Ou la témérité de Tavoir entrepris.
Mais quoy ! par ta bonté, qui toute autre surpasse,
J'espère du pardon, avecque ceste grâce
Que tu liras ces vers, où jeune je m'esbats.
Pour esgayer ma force; ainsi qu'en ces combats
De fleurets on s'exerce, et, dans une barrière,
Aux pages Ton réveille une adresse guerrière
Follement courageuse, afin qu'en passe-temps
Un labeur vertueux anime leur printemps ;
Que leur corps se desnoue et se. désangourdisse.
Pour estre plus adroit à l£ faire service.
Aussi je fais de mesme en ces caprices fous :
Je sonde ma portée, et me taste le pous.
Afin que s'il advient, comme un jour je l'espère,
Que Parnasse m'adopte*, et se dise mon père.
Emporté de ta gloire et de tes faicts guerriers.
Je plante mon lierre au pied de tes lauriers?.
i. C'est ainsi qull faut lire, m'adopte, suivant l'édition de 160», et non pas m'adore y comme il y a dans les éditions de 1612 et 161 3, et dans la plupart des éditions suivantes.
«. Ménage a ainsi déguisé ce vers, pour l'insérer dans son églogue à la reine Christine :
Rampe notre lierre au pied de tes lauriers.
C'est ce qui lui est reproché par Gilles Boileau , dans son Avis à Ménage.