Intérêt t pour avantage, récompense
a. Ne diminue point ma foi y c'est-à-dire ma fidélité. 3. Parvenu à quelque dignité, Boileau a dit de même dans sa prc mière satire :
Et que le sort bnrlesqne , en ce siècle de fer,
D'an pédant , quand il Tent, sait faire on duc et pair.
Ravalant la vertu, la cmûne en misère.
Et puis je m'iray plaindre après ces gens icy?
Non; rexemple du temps n'augmente mon soucy.
Et bien qu'elle ne m'ait sa faveur départie,
Je n'entends, quant à moy, de la prendre à partie,
J^is que, selon mon goust, son infidélité
Ne donne et n'oste rien à la félicité.
Mais que veux-tu qu'on face en ceste humeur austère?
11 m'est, comme aux putains, mal-aisé de me taire :
il m'en faut discourir de tort et de travers.
Puis souvent la colère engendre de bons vers^
Mais, comte, que sçait-on? elle peut estre sap. Voire, avecque raison, inconstante et volage; Et, déesse avisée aux biens qu'elle départ.
Les adjuge au mérite, et non point au hazard. Puis l'on voit de son œil, l'on juge de sa teste. Et chacun en son dire a droict en sa requeste : Car l'amour de soy-mesme, et nostre affection, Adjouste avec usure à la perfection.
Tousjours le fond du sac ne vient en évidence, El bien souvent l'effect contredit l'apparence. De Socrate à ce point l'oracle est my-party*,
1. Et SUIS aller rêver dans le sacré talion , La colère snflBt , et vaut on Apollon.
(BOILEAU, Sa/. I.)
Régnier et Boiieau ont imité ce vers fameax de Javénal , Sat. I , vers 79 :
Si natura ne^at , facit indlgnatio versom.
S. Ce vers a beaucoup varié. Dans la première édition , faite en i608,onlit:
De Socrate à ce point Tarrestest my-party.
Dans celles de 1613 et 1 613 , faites pendant la vie de l'auteur, et
Et ne sçaitron au vray qui des deux a menty , Et si philosophant le jeune AlcibiadeS Comme son chevalier, en receut Taccolade.
Il n'est à décider rien de si malaisé Que souz un sainct habit le vice desguisé.
Par ainsi j'ay donc tort, et ne doy pas me plaindre, • Ne pouvant par mérite autrement la contraindre A me faire du bien ny de me départir Autre chose à la fin, sinon qu'un repentir.
Mais quoy ! qu'y feroit-on, puis qu'on ne s'ose pendre? Encor faut-il avoir quelque chose où se prendre, Qui flatii, en discourant, le mal que nous sentons.
Or, laissant tout cecy, retourne à nos moutons*,
dans les éditions saivantes , il y a , Voraekt au lieu de Varrest. Dans celle de 1643, et les antres qui ont été faites après, on a mis: de Socrate en ce point ^ etc. L'expression de ce vers et des trois suivants est embarrassée. L'oracle d'Apollon avait déclaré que Socrate était le plus sage des hommes. Mais notre auteur insinue que, nonobstant cet oracle , la vertu de Socrate avait été soupçonnée. Gicéron a tourné ce soupçon en plaisanterie : « Qnid ? Socratem « nonne legimus quemadmodum notarit Zopyrus?... addiditetiam « mulierosum : in quo Alcibiades cachinnum dicitur sustulisse. 9 (Cic, de Fato.) Boileau s'est servi de cette pensée de Régnier dans sa Xli^ satire, vers 150.
1 . Ce vers est écrit tout de suite , et sans virgule après pkaoêophant, dans les éditions qui ont paru avant celle de 1642. Apparemment Régnier avait écrit par manière d'inversion ,
Et si philosophant le jeune Alcibiade ,
pour, Et le jeune Alcibiade philosophant ^ sans virgule après ce verbe, qu'il faisait participe ; mais qui, en vertu de la virgule qu'on s'est avisé d'y mettre, est devenu un gérondif équivoque, en ce qu'il peut également se rapporter au maître et au disciple.
2. C'est un proverbe pris de la farce bien connue de Patelin. Maniai, liv. YI, xix, a dit de même : « Jam die, Postume, de <f tribus capeilis. » Voyez Henri Etienne , en son Dialogue du nouveau langage français-italien , édition d'Anvers, 1579, page 137;
Muse, et sans varier dy-nous quelques sornettes De tes enfants bastards, ces tiercelets de poètes % Qui par les carrefours vont leurs vers grimassants, Qui par leurs actions font rire les passants ; Et quand la faim les poind, se prenant sur le vostre, Comme les estourneaux ils s'affament Tun Tautre. Cependant, sans souliers, ceinture, ny cordon, L'oeil farouche et troublé, Tesprit à l'abandon, Vous viennent accoster comme personnes yvres. Et disent pour bon jour : a Monsieur, je fais des livres^; (c On les vend au Palais^; et les doctes du temps, ce A les lire amusez, n'ont autre passe-temps.'i» De là, sans vous laisser, importuns ils vous suivent. Vous alourdentde vers*, d'allégresse vous privent, Tous parlent de fortune, et qu'il faut acquérir Bu crédit, de l'honneur, avant que de mourir;
et Pasquier, Recherches, liv. VIII, chap. ux. On pourrait, touchant ce proverbe, remonter jusqu'à celui-ci : « Alia Menedes, alla poreelhis loquitnr, » et voir l'explication qu*Érasme en donne. Rai)elais a employé plus d'une fois ce proverbe : Retourner à ses moulons ^ liv. i, chap. 1 et XI, liv. III, chap. xxxiii.
1. Pour ces petits^ ces médiocres pofites. Parmi les oiseaux de fauconnerie , les femelles portent le nom de l'espèce , parce qu'elles stti'passent les mâles en grandeur de corps , en courage , et en force. Leurs mâles sont nommés tiercelets, parce qu'ils sont un tiers plus petits qu'elles. Tiercelets de faucon , d^autour, etc. 11 y a une faute d'impression dans le dictionnaire de Ménage , qui dit que le tiercelet est un tiers plus grand. Cette faute n'était pas dans la première édition. Rabelais a dit, tiercelet de Job. (Pantagr. III, ix.)