‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 44 sur 252 · On sait que les grègues étaient des espèces de culottes · texte numérisé non relu

On sait que les grègues étaient des espèces de culottes

5. Régnier fait toujours ce mot poète de deux syllabes, quoiqu'il en ait trois , suivant son étymologie , notijriiç , poeta , et suivant l'usage. Dans la première édition de 1608 , ce môme mot est partout imprimé avec une diphtbongue en cette manière : Pale. Notre

Pour moy, si mon habit, partout cicatrisé,

Ne me rendoit du peuple et des grands mesprisé ,

Je prendrois patience, et parmi la misère

Je trouverois du goust; mais ce qui doit desplaire

A rhomme de courage et d'esprit relevé,

C'est qu'un chacun le fuit ainsi qu'un réprouvé.

Car en quelque façon les malheurs sont propices ;

Puis les gueux, en gueusant, trouvent maintes délices.

Un repos qui s'esgaye en quelque oysiveté :

Mais je ne puis pâtir* de me voir rejette.

C'est donc pourquoy, si jeune abandonnant la France, J'allay, vif de courage, et tout chaud d'espérance, En la cour d'un prélat^ qu'avec mille dangers

auteur n*a fait ce mot de trois syllabes que dans un seul endroit » qui est le vers 49 de la satire XII. L'usage de faire poëte et poème de deux syllabes s'est conservé longtemps après Régnier.

Tout vient dans ce grand poème admiral^lement bien,

dit Th. ComeiUe.

Gomme un poète fameux il se faire regarder.

P. GORKEILLB.

Quintiliei\ {InstU, oral., lib. I, cap. v.) cite un vers de Varron où ce poète avait aussi resserré deux syllabes en une dans le mot Phaèton, qui en a trois :

Gam te flagrant! dejectnm fulmine Phstou.

i. Pâtir est hors d'usage dans le sens de ce* vers. On dit à présent ' souffrir, mot qu'on a substitué à l'autre dans l'édition de 164S et dans les suivantes.

2. François de Joyeuse, cardinal en 1585, et archevêque de Toulouse en 1585. Ge prélat fit plusieurs voyages à Rome , où, comme je l'ai dit, Régnier, n'ayant encore que vingt ans, le suivit, et s'attacha à lui , jusqu'à la fin de 1603 , sans en avoir tiré aucune récompense , puisque le premier bénéfice qu'il ait eu , et qu'il obtint par une autre voie , fut un canonicat de Chartres , en possession duquel il entra le 30 de juillet 16U4.

J'ay suivy, courtisan, aux pays estrangers.

J'ay changé mon humeur, altéré ma nature;

J'ay beu chaud, mangé froid, j'ay couché sur la dure ;

Je Tay, sans le quitter, à toute heure suivy.

Donnant ma liberté je me suis asservy,

En public, à Téglise, à la chambre, à la table.

Et pense avoir esté maintefois agréable.

Mais, instruict par le temps, à la fin j'ay connu Que la fidélité n'est pas grand revenu.

Et qu'à mon temps perdu, sans nulle autre espérance, L'honneur d'estre subject tient lieu de récompense : N'ayant autre intérest* de dix ans ja passez. Sinon que sans regret je les ay despensez.

Puis je sçay, quant à luy, qu'il a l'ame royale, Et qu'il est de nature et d'humeur libérale.

Mais, ma foy, tout son bien enrichir ne me peut, Ny dompter mon malheur, si le ciel ne le veut. C'est pourquoy, sans me plaindre en ma desconvenue, Le malheur qui me suit ma foy ne diminue ^ :

Et rebuté du sort, je m'asservy pourtant, Et sans estre avancé je demeure content :

Sçachant bien que fortune est ainsi qu'une louve. Qui sans choix s'abandonne au plus laid qu'elle trouve; Qui relève un pédant de nouveau baptisé', Et qui par ses larcins se rend authorisé ; Qui le vice annoblit, et qui, tout au contraire,

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