ÉTUDE HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE. IX
mordants et disposaient peu favorablement envers leur jeune auteur. Il paraît que son père le sermonnait , le tançait même assez vertement en lui proposant sans cesse pour exemple l'heureuse prudence de son oncle ; mais tous ces efforts venaient se briser contre un naturel indomptable*. C'est probablement* à ces premières années que remonte l'anecdote rapportée par Tallemant des Réaux. On soumettait au jugement de des Portes une foule d'ébauches qu'on le priait de juger, avec la ferme espérance qu'il les trouverait admirables. Un avocat lui ayant conôé un gros poëme, le malin abbé transmit la tâche à son neveu. L'auteur disait dans un endroit :
Je bride ici mon Apollon.
Régnier, suivant le témoignage de Tallemant des Réaux, écrivit à la marge :
Faut avoir le cerveau bien vide Pour brider des Muses le roi :
Les dieux ne portent point de bride, Mais bien les asnes comme toi.
Quelque temps après, le rimeur vint rechercher son œuvre, que des Portes lui remit avec force compliments. Mais voilà que le lendemain , notre homme arrive tout bouffi de colère : « On ne se moque pas ainsi du monde , dit-il à des Portes ; mon manuscrit , à vous entendre, contenait de