Le même, dans le capitolo Del dishonore, tercet
lo penio che mi soffia il traditore
Que de luy je mesdis, il me flatte , et me dit
Que je veux par ces vers acquérir son crédit* ;
Que c'est ce que ma muse en travaillant pourchasse,
Et mon intention, qu'estre en sa bonne grâce;
Qu'en mesdisant de luy je le veux requérir ;
Et tout ce que je fay , que c'est pour l'acquérir.
Si ce n'est qu'on diroit qu'il me l'auroit fait faire. Je l'irois appeller comme mon adversaire :
Aussi que le duel est icy deffendu*, Et que d'une autre part j'ayme l'individu*.
Ne Torecohie , e mi dice ch'io non lono , Come Torrei , de la gaa legge fuore.
Hor mirate , prier, s'egli hà del buono , Ch'io dico mal di loi qnanlo piii posso Et mi lusinga con un' altro suono.
1 . Gicérou se moquait de ces philosophes qui mettaient leurs noms à des traités où ils condamnaient Tamour des louanges. « Ipsi illi « philosophi, etiam in illis libelliS} quos de contemnanda gloria « scribunt, nomen suum inscribunt. In eo ipso in quo praedicatio— « nem nobilitatemque despiciunt, prsedicari de se, ac nominari « volunt. )» ( Cic. pro Archia poeta. ) Voyez ses Tusculanes, liv. I, et Val. Maxime, Ut. YIII, chap. xiv, ext. 3. « Ceux qui écrivent (( contre la gloire veulent avoir la gloire d*avoir bien écrit ; et ceux a qui le lisent veulent avoir la gloire de l'avoir lu : et moi qui écris « ceci, j*ai peut-être cette envie ; et peut-être que ceux qui le liront « Tauront aussi. » (Pascal, Pensées, première partie, art. v, g 3. ) — Boileau, satire xi, vers «04, parlant du faux honneur, dit :
Et peut-être est-ce lui qui m'a dicté ces vers.
3. On sait combien les duels étaient malheureusement à la mode dans la noblesse française depuis le xyi^ siècle. Henri IV les défendit par un édit du mois de juin 1602, renouvelé en 1609 : ces prohibitions amenèrent peu d'effet. Richelieu sévit cruellement à cet égard, et ce ne fut que Louis XIV qui triompha de cette sanglante habitude. Les duels étaient également défendus à Rome *.