Sarail du Turc, dans les éditions de 1608 et
Mais comme les beautez, soit des corps, ou des âmes. Selon Tobject des sens , sont diverses aux dames, Aussi diversement les hommes sont domtez , Et font divers effets les diverses beautez.
(Estrange providence, et prudente méthode De nature, qui sert un chacun à sa mode !)
Or moy, qui suis tout flame et de nuict et de jour. Qui n 'haleine que feu*, ne respire qu'amour, Je me laisse emportera mes fiâmes communes.
Et cours souz divers vents de diverses fortunes. Ravy de tous objects , j 'ayme si vivement , Que je n'ay pour Tamour ny choix ni jugement. De toute eslection mon ame est despourveue, Et nul object certain ne limite ma veue.
Toute femme m 'agrée ; et les perfections Du corps ou de l'esprit troublent mes passions. J'ayme le port de l'une, et de l'autre la taille; L'autre d'un trait lascif me livre la bataille ^ Et l'autre, desdaignant, d'un œil sévère et doux^, Ma peine et mon amour, me donne mille coups : Soit qu'une autre, modeste, à l'impourveu m'avise. De vergongne et d'amour mon ame est tout esprise ; Je sens d'un sage feu mon esprit enflammer.
Et son honnesteté me contrainct de l'aymer.
Si quelque autre , affectée en sa douce malice. Gouverne son œillade avecq ' de l 'artifice ,
i . Haleiner, pour respirer y se trouve aussi dans les poésies de Jean Marot.