‹ ŒuvresChapitre 15 sur 84 · PREFACE. , XVII · texte numérisé non relu

PREFACE. , XVII

avons pensé qu'il était temps de faire justice de tout ce faux cortège de science interprétative. La critique littéraire et les vrais amis de Régnier, à qui cette édition s'adresse, sauront facilement, sous les fautes et les omissions du premier manuscrit et du premier imprimeur, distinguer la pensée du poè'te, et, quand il le faudra, de leur propre main ils substitueront au mot, au vers, au passage qui manque, une idée qui vaudra bien celle que de certains éditeurs, esprits hardis, ont imposée sans prendre même la peine de la signaler.

Nous n'avons pas à parler plus longuement de l'utilité de notre édition. La rareté de celle qui lui sert de type , en dehors de toute autre considération, rend cette utilité incontestable. Et puisse- 1- elle, sous forme de moralité (il en faut même une aux préfaces), rappeler à la bonhomie, au bon sens et à la vérité les épurateurs de textes, et, par la hardiesse de ses incorrections volontaires, donner aux éditeurs qui viendront le courage d'être les copistes un peu plus à la lettre, non de leurs devanciers dans la critique, mais de l'auteur dont ils se font gloire de remettre en lumière les œuvres et le nom.

Régnier, dans tout l'éclat de sa célébrité, peut aujourd'hui revendiquer le suprême honneur d'une statue, si facilement accordé à de moins illustres que lui. « Ici naquit Mathurin Régnier », dit, à tort ou raison, une plaque de marbre sur la façade d'une maison de Chartres. Une pareille gloire demande mieux que cela. C'est ce qu'a bien compris un vrai poè'te de notre temps, aux vues élevées, qui laissera un nom dans la littérature, M. Ferdinand Dugué, compatriote de

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