LA MORT DE M. RAPIN
PASSANT, cy-gist Rapin, la gloire de son âge, Superbe honneur de Pinde et de ses beaux secrets. Qui, vivant, surpassa les Latins et les Grecs, Soit en profond sçavoir, ou douceur de langage.
Éternisant son nom avecq' maint haut ouvrage, Au futur il laissa mille poignants regrets De ne pouvoir atteindre, ou de loin, ou de prés, Au but où le porta ïestude et le courage.
On dit, et je le crois, qu'Apollon fut jaloux, Le voyant comme un dieu révéré parmy nous, Et qu'il mist de rancœur si tost fin à sa vie.
Considère, passant, quel il fut icy-bas, Puisque sur sa vertu les dieux eurent envie, Et que tous les humains y pleurent son trespas.