‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentées (volume 3)Chapitre 6 sur 51 · XLI1I · texte numérisé non relu

XLI1I

» et maître de toutes choses; c’est Dieu qui a établi les lois » éternelles qui régissent l’univers; il est le principe et la fin « de tout : In ipso vivimus, movemur et sumùs. »

Pour l’âme, s’appuyant sur le texte sacré : Factus est homo in animam viventem , il enseigne que, créée à l’image de son Dieu et intimement unie au corps , elle est un principe de vie et d’entendement, destiné à animer et vivifier ce corps fait pour elle, et à la conservation duquel elle doit veiller, car il est son véritable instrument.

Quant au corps , en tant que simple agrégat matériel , il ne possède point la vie en propre , et il ne peut être dit vivant que lorsqu’il possède une véritable raison instrumentale, c’est-à-dire lorsqu’il est uni à son moteur, principe et cause de sa vie et de sa conservation.

L’acte vital s’exécute à l’aide du mouvement , c’est-à-dire à l’aide de l’action incessante de l’âme sur les organes corporels. C’est, en effet, par ces moyens que le principe de vie , d’une part, conserve le corps en le protégeant contre toute fâcheuse atteinte , et , d’autre part , en le débarrassant par son énergie de tout ce qui peut être nuisible à son économie.

Les sécrétions et les excrétions sont de puissants moyens que la nature emploie pour conserver le corps dans son intégrité ; c’est pour elle la méthode médicatrice par excellence, celle que le médecin doit chercher à imiter, qu’il ne doit jamais contrarier, mais qu’il est de son devoir de modifier et de provoquer, lorsque son intervention est indispensable. Stahl place ces moyens au-dessus de la médicamentation altérante, presque universellement employée de son temps pour corriger les vices des humeurs , appelées alors du nom générique d 'humeur peccante. Cette méthode alté-

PRÉFACE

rante ou corrective des humeurs est incertaine, dangereuse et toujours inutile ; car, dit-il , où trouver des agents thérapeutiques capables de produire une action spécifique aussi efficace qu’on le prétend ? Mieux vaut donc suivre la méthode naturelle des sécrétions et des excrétions , en venant utilement à propos seconder les efforts de cette puissance médicatrice , chargée de veiller à la conservation du corps.

Stahl termine cette étude , en disant quelques mots sur les rapports intimes , le commerce intérieur qui existe entre l’âme et le corps. Il parle de la direction volontaire et raisonnée quelle imprime aux organes ; il dit un mot , en passant , de l 'habitude et de la sensation ; il rejette les opinions modernes , comme vaines , superflues et nuisibles à 1-a science médicale , qui doit uniquement se fonder sur une sage et constante observation delà nature.

Telles sont les considérations dont j’ai cru devoir faire précéder les dissertations et traités qui composent ce volume, le premier de la traduction des œuvres de Stahl. J’ose espérer quelles seront d’une utilité réelle pour le lecteur, en lui faisant connaître d’avance l’esprit des pensées médicales et philosophiques de notre éminent auteur.

Que Dieu bénisse mon zèle et la pureté de mes intentions ! Qu’il daigne surtout accorder à mon travail le succès , que je ne saurais en espérer si je ne comptais que sur mon faible mérite !

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