PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE M
MÉDECIN EN CHEF DE L’HOSPICE SAINT-fM^t.
L’opuscule que M. le docteur Blondin met en tête de sa traduction des principales œuvres médico - philosophiques de Stahl, est divisé en deux parties : il contient d’abord le discours prononcé avant la soutenance de Stahl, par Faschius, doyen de la Faculté d’Iéna; en second lieu, la dissertation même du candidat pour obtenir le grade de licencié et le titre de docteur, sous la présidence de Crause.
PREMIÈRE PARTIE. — Discours de Faschius. — Ce professeur, dans une courte allocution , donne des détails intéressants sur Stahl , sa famille, ses maîtres, la nature et la direction de ses études, soit préliminaires, soit médicales, la trempe de son esprit; il fait connaître ensuite le caractère des doctrines enseignées alors à Iéna ; il insiste sur l’importance du sujet choisi par. l’auteur; il termine, enfin , en s’adressant à tous ceux qui concourent aux progrès de l’art médical, et les priant d’honorer de leur présence cet acte solennel : « Je vous le demande », leur dit-il, « au nom de l’estime »et de l’affection que j’ai vouée à notre illustre candidat. »
1° Stahl est né en 1660 à Anspach, en Franconie, de parents honorables, distingués par leur instruction et leur piété, qui ont veillé avec une grande sollicitude à son éducation confiée à d’excellents maîtres. Après avoir terminé ses humanités à seize ans (1676) , il s’est livré pendant trois ans, d’une manière spéciale, à l’étude de la philosophie , en y joignant celle des sciences physiques , anatomiques , et surtout de la chimie expérimentale , sans oublier qu’il devait les adapter à la médecine à laquelle il voulait se consacrer. En 1679, il a commencé à suivre les^ leçons de la Faculté de médecine d’Iéna , où l’on, a remarqué son assiduité , son ardeur pour le travail; il vient aujourd’hui , à vingt -quatre ans (1684), recueillir le fruit de ses efforts en demandant le grade de licence -doctorale.
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2o L’exposition de Faschius montre en lui un fervent disciple du Vitalisme Hippocratique, qui était alors à Iéna la base de l’enseignement médical. Wolfgang Wédel, que Stald avait pris plus particulièrement pour guide , développait dans ses leçons le vitalisme de Van-Helmont qu’il avait perfectionné '.
DEUXIÈME PARTIE. — Dissertation de Stahl. — Elle a pour titre : «Des intestins; de l’art de bien connaître et de guérir : 1° leurs » affections morbides (matérielles); 2° leurs affections symptomati- » ques (fonctionnelles. »
I. Avant-propos. — Il est évident que toutes les parties de notre corps aperçues par nos sens sont simplement organiques ; mais elles sont mises en mouvement par un principe animateur qui produit et dirige toutes ses opérations. Tant qu’il est uni à ce mixte organique hétérogène, celui-ci exécute des actes harmoniques qui tendent avec accord et intentionnellement vers un but fixe bien déterminé: dès que cet agent supérieur se retire , le mouvement vital cesse , les éléments matériels se séparent , tout tombe dans le chaos. Il ne faut donc point se contenter d’étudier les éléments matériels qui constituent le corps humain dans sa seule matérialité ; il faut aussi les considérer comme des instruments qui remplissent des fonctions coordonnées pour atteindre un but final ; il faut , de plus , les mettre en rapport avec cet agent mystérieux qui dirige tout , qui veille sur l’ensemble et sur toutes les parties, qui les enchaîne et les conduit intentionnellement vers la fin à laquelle elles sont destinées.
C’est là ce qu’avait parfaitement vu le divin Vieillard ; ce qu’il a heureusement exprimé , en établissant qu’il y a dans le corps humain des parties contenantes (les solides), des parties contenues (les fluides, etc.) , des agents incorporels et invisibles (t* evopy.ovxot 9 impelum facienlia ) , agents essentiellement actifs par leur nature intime, qui provoquent, produisent et dirigent tous les actes vitaux 2.
Après ces considérations préliminaires , le candidat annonce qu’il appliquera ces idées hippocratiques , et qu’il s’occupera de l’intestin considéré comme l’organe, l’instrument de la première digestion.
II. Anatomie physiologique. — L’intestin étant regardé comme l’instrument de la première digestion , l’estomac ne peut en être séparé.
« Voij. les œuvres de W. Wédel et l’exposition de sa doctrine.
2 Vorj. Hippocr. , Épidém., liv. 6, 1. 1 , sect. 8, p. 819, édit.Van-der-Linden.
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L’auteur expose , avec autant de science que de finesse , l’anatomie physiologique du tube digestif et de ses annexes.
III. Physiologie. — Des fonctions, de Vutilité et du but instrumental des intestins, ou du but final de leur organisme formel, des fonctions qu'ils remplissent instrumentalement dans le corps vivant , en vertu de leur disposition organique ou instrumentale. — Comme tous les autres appareils de l’organisme, l’intestin, c’est-à-dire le tube digestif, les premières voies nutritives , sont un instrument dont le principe animateur, l’âme , se sert pour accomplir la première digestion (la digestion proprement dite). Par quel mode et de quelle manière peuvent-ils instrumentalement concourir à cette fonction ?
Les premières voies sont destinées à l’ingestion des aliments , à leur détention pendant un temps déterminé, à la séparation des substances nutritives d’avec les matières fécales , à l’expulsion de ces dernières.
Il y a donc là 1° un mouvement de transport par lequel les matières cheminent dans le tube digestif ; 2° un changement intime dans les molécules des aliments.
Occupons-nous d’abord de ce dernier : c’est une dissolution , une division de l’aliment en ses particules les plus minimes , au moyen de la chaleur et d’un liquide versé dans la cavité digestive où il joue le rôle de menstrue.
Quel est ce liquide excitant la fermentation? Est -ce la salive? Est -ce , de plus, un liquide spécial sécrété par la tunique muqueuse ou glanduleuse de l’estomac? Yu les dissidences des auteurs, le défaut d’expérimentations précises et les objections nombreuses qu’il énumère , Stahl ne se prononce point : il croit surtout à l’efficacité de la chaleur, non point d’une chaleur extérieure semblable à celle de nos fourneaux, mais d’une chaleur toute particulière qui produit la turgescence et la dissolution de la pâte alimentaire. Celle-ci opérée , la substance nutritive , ainsi divisée , est soumise à l’absorption élective que la nature opère suivant les besoins , au moyen des vaisseaux lymphatiques.
Quant aux mouvements qu’accomplit le tube digestif pour faire cheminer ces matières ou pour tout autre objet, il ne faut point leur chercher une cause ou une explication mécanique, bien qu’aujourd’hui , dit-il , on veuille tout rapporter au mécanisme , même pour la dissolution de l’aliment : c’est l’âme même qui agit directement sur le tube digestif, en imprimant à sa tonicité une énergie particu-
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Hère , variable dans les différents cas pour sa direction, son intensité, etc., suivant le but qu’il s’agit d’atteindre. L’âme perçoit des impressions; elle a des modes affectifs qui lui sont propres; elle tend vers une fin, et c’est là-dessus que se règle l’action tonique qu’elle imprime aux intestins et qu’elle dirige.
IY. Pathologie;. — Des maladies ou des états anormaux du tube digestif. — Un principe fondamental en pathologie est celui-ci : toute lésion matérielle (physique ou organique) d’une partie se nomme maladie; toute lésion instrumentale ou fonctionnelle se nomme symptôme (état morbide symptomatique) : de là deux classes bien distinctes. Ces deux classes de lésions ont quelque chose de commun par leur siège ( dans un même appareil ) et par certains phénomènes ; mais elles diffèrent quant à leurs causes et leur nature intime. Dans les états morbides fonctionnels, la lésion est dans les mêmes instruments actifs ( dans les forces) , qui produisent la santé quand elles sont normales : ces forces sont donc le sujet où réside la maladie , et celle-ci doit être étudiée subjectivement 1 .
Appliquons ces principes au tube digestif, et nous aurons le tableau suivant :
Section Ire. — Des maladies des intestins , ou de leurs lésions de consistance (physiques) . = Art. 1er. — Lésions de conformation par augmentation , diminution, viciation de l'épaisseur de leurs parois ou de l'ampleur de leur cavité, telles que 4° leur ampliation , leur distension , leur coarctation , leur oblitération par des matières trop abondantes , des gaz , l’habitude d’une alimentation insuffisante , la présence de corps étrangers solides , de pièces de monnaie, des matières fécales endurcies, des portions d’intestin repliées les unes sur les autres et se doublant réciproquement (des duplicatures), etc.; 2° l’épaississement des parois produit par une accumulation de lymphe ou de sang , des congestions , des inflammations et leurs résultats , des tumeurs squirrheuses qui peuvent se transformer en cancers, etc.; 3° des dépôts de matières diverses venant du dehors , du dedans , déterminés par des maladies éruptives , des ulcères , des blessures accompagnées d’épanchement de sang ou d’autres liquides , etc.
Art. 2e. — Lésions de situation et par désagrégation , provenant d un vice de conformation ( estomac placé au-dessus du diaphragme ) , de l’issue de l’intestin après une plaie pénétrante ,
1 Van-Helmont avait déjà développé cette pensée.
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d’une hernie, etc.; de l’expulsion d’une partie frappée de gangrène, etc. (Ces dernières sont des lésions par désagrégation.)
Section IIe. — Lésions ( fonctionnelles J de V action contentive (de la contractilité ) des intestins , ou de leurs maladies fonctionnelles. = Art. l**. — Lésions de cette contractilité considérée d'une manière absolue. On en voit des exemples dans l’écartement des bords d’une plaie , dans le travail d’expulsion des corps étrangers ordinaires, des vers, du sang, des matières dysentériques, lientériques , etc.
Art. 2e. — Lésions de l'action contentive dans ses rapports avec le temps , ou de la motilité. Les contractions sont augmentées, diminuées, suspendues, perverties; elles sont modifiées dans leur fréquence, leur intensité, etc. : c’est ce qu’on observe dans les llux de ventre , le ténesme, l’expulsion des dépôts critiques , etc. Le défaut d’action amène la constipation, qui est due à une cause positive (la gêne du mouvement) , ou à une cause privative , l’immobilité de matières dures, sèches, etc. : l’abus des astringents peut déterminer cet état morbide.
La perversion des mouvements consiste dans le changement contrenature du mouvement péristaltique , qui devient anti-péristaltique , et réciproquement; alors, par exemple, ce qui devrait passer par la bouche s’échappe par l’anus, ou l’inverse a lieu.
Art. 5e. — Usions de sensibilité , coliques. Quels sont la cause et le mécanisme des douleurs si intenses qui accompagnent les coliques? Cela est difficile à déterminer. Faudra-t-il en accuser les nerfs, organes spéciaux de la sensibilité, d’après beaucoup de physiologistes? Mais combien d’organes largement pourvus de nerfs sont peu sensibles dans leur état normal, peu douloureux dans leurs états morbides ! Combien de fois n’a-t-on pas vu l’estomac , l’intestin grêle profondément altérés sans devenir le siège d’une douleur prononcée! Ceci réclame de nouvelles études. En attendant que nous puissions savoir si les nerfs en général sont l’instrument unique de la sensibilité , pouvons-nous connaître le siège précis des douleurs qui caractérisent la colique? Pour y parvenir, il faut porter son attention d’une manière spéciale sur le colon , où ces douleurs résident le plus fréquemment et avec le plus d’intensité ; il faut interroger successivement les éléments anatomiques qui entrent dans sa composition. Après un minutieux examen , Stahl les rattache surtout à la tunique fibreuse (musculeuse) qui unit la membrane muqueuse à la nerveuse.
Nous ne suivrons pas l’auteur dans tous les détails, pleins d’intérêt
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d’ailleurs , qu’il a eu soin de nous donner ; nous nous bornerons à quelques remarques :
lo Stahl, embrassant dans un même cadre la pathologie entière du tube digestif considéré comme un seul organe chargé instrumentalement d’une fonction unique et continue (la première digestion) , établit entre ses états morbides une distinction fondamentale , en séparant les maladies qui tiennent principalement à une altération matérielle , physique ou organique , de celles qui dépendent surtout d’une lésion fonctionnelle ou vitale : c’est la classification admise de nos jours, d’après laquelle on divise toutes les maladies en physiques, organiques et vitales; les vices de conformation ne sont pas oubliés. Il va plus loin, et, par une savante analyse, il distingue dans chaque état morbide les éléments matériels (physiques ou organiques) et les éléments vitaux qui le constituent par leur association; assigne à chacun sa place , son importance au point de vue de l’étiologie , de la séméiotique, de la thérapeutique, et remonte jusqu’au phénomène initial : c’est notre doctrine des Éléments.
2° Il fait toujours marcher de front la médecine et la chirurgie ; on peut voir déjà qu’il les possède à fond l’une et l’autre 1 .
5° Toutes ses descriptions sont courtes , mais le point saillant est mis sans cesse en relief ; il insiste sur ce qui est fondamental. Ainsi , ce qu’il dit des pneumatoses intestinales porte le cachet d’une observation profonde unie à une grande sagacité spéculative ; en quelques phrases, il réfute les doctrines de ses prédécesseurs; il en fait ressortir les défauts et les juge en maître; il esquisse une théorie nouvelle ingénieuse , quoique un peu trop mécanique.
4° Les lésions vitales portent sur la motilité ou la sensibilité , qui subissent des changements dans leur quantité (augmentations, diminutions, abolition) ou dans leurs qualités (perversions). C’est identiquement la classification adoptée aujourd’hui : lésions de motilité , lésions de sensibilité, par augmentation, diminution, abolition, perversion.
8° Yoici le mécanisme des lésions de la motilité. Supposons un corps étranger dans les voies digestives : le principe animateur de l’organisme vivant perçoit sa présence par une sensation spéciale , car il est doué de sensibilité ; il réagit , dès-lors , contre le corps étranger, hôte plus ou moins incommode dont il faut se débarrasser. Le but , c’est l’expulsion , par une voie convenable , de cette
1 Voy. Stahl, Dissertation: De Medicinœ et Chirurgiœ perpetuo nexu.
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substance morbide : l’agent vital, la force vitale, le principe animateur qui dirige le corps vivant , met en jeu la motilité vitale inhérente à l’organisme , le. tube digestif se contracte , et la cause morbide est chassée.
Mais cette action est synergique ; elle ne se fait point d’une manière aveugle : il y a un concours, un consensus harmonique de toutes les forces motrices. Dans cet accord merveilleux , leur énergie , leur direction se moulent sur le but à atteindre , et tout se dispose pour y parvenir convenablement. Les efforts sont tour-àtour forts ou faibles, rares ou fréquents, péristaltiques ou antipéristaltiques, selon que l’expulsion doit être rapide ou lente, qu’elle doit s’effectuer par les parties inférieures ou les supérieures. L’âme vivifiante qui dirige cette opération connaît son ennemi ; elle le surveille , proportionne sa lutte aux dangers qu’il lui fait courir, attend le moment opportun et frappe alors un coup décisif. Une pièce de monnaie n’est point chassée comme un corps aigu ou déchirant; un ver ne Test pas comme un poison, l’arsenic comme l’huile de ricin , un drastique comme un laxatif. Ce qui est surtout remarquable, c’est la formation et l’expulsion des matières critiques, des abcès, par exemple. Un phlegmon s’est développé dans les parois intestinales; il n’a pu se résoudre : du pus s’est formé, il y a un apostème ; que se passera-t-il ? Le pus sera versé dans l’intestin, organe creux, doué d’une contractilité énergique, communiquant avec l’extérieur : il sera ainsi facilement chassé.
Il y a mieux : d’où vient ce pus ? Le poumon était malade ; cet organe est plus important que l’intestin , et moins bien disposé pour servir d’émonctoire à l’organisme. Le mode morbide est venu aboutir à l’intestin ; la matière morbifique s’est portée vers ce dernier par un travail critique , c’est-à-dire judicateur, et l’œuvre curative finale est devenue plus simple et moins périlleuse. La nature, la force vitale a fait tout cela , non pas à l’aide de mouvements tumultueux et isolés , mais par une série d’actes réguliers , coordonnés , enchaînés, tendant vers un but bien arrêté, soumis à des lois que l’expérience constate et que la raison conçoit et explique sans efforts.
En présence de ces faits, si concluants, si éclatants, si vulgaires, ayez le courage de vous dire médecins , si vous vous arrêtez simplement aux lois de la physique et de la chimie. N’y a-t-il pas , au-dessus de ces dernières , dans les organismes vivants , quelque chose de plus délicat ? Est-ce une disposition physique ou chimique qui nous fera concevoir comment les chylifères séparent , choisissent , absor-
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bent le chyle nutritif, et abandonnent les résidus inutiles qui constitueront les matières fécales ? Pourquoi ces dernières suivent-elles la filière intestinale qui les poussera au-dehors en les dépouillant de ce qui peut le mieux servir à la nutrition , tandis que le chyle réparateur rentrera dans l’organisme par les voies circulatoires ? Il y a un choix , une action élective faite avec intelligence pour un but , même dans ces actes de vie purement végétatifs, et nous n’y verrions que de la physique ou même de la chimie ? Si l’absorption dépend seulement d’un rapport mécanique entre les pores absorbants et les substances absorbées, pourquoi, dans certaines pneumatoses, des gaz si ténus et si fortement comprimés ne s’absorbent-ils point , tandis que des liquides , des solides même dont les molécules sont bien plus volumineuses, bien plus intimement unies, sont aisément résorbés, sans être soumis à une forte pression extérieure qui les pousse dans les orifices et les canaux qu’ils doivent parcourir ?
Mais pourquoi la force vitale dispose-t-elle ses actes d’expulsion d’après des modes si variés, en rapport avec la nature des substances dont l’organisme doit se débarrasser ? Pourquoi ne traite-l-elle pas l’arsenic comme des matières stercorales endurcies ? C’est qu’elle a un tact délicat , une impressionnabilité très-nuancée qui lui permet d’apprécier diversement l’action des substances communes, spéciales , spécifiques , et d’avoir des modes de réaction divers contre tel ou tel agent physique ou chimique , contre des poisons inorganiques ou vivants , des venins ou des virus.
Il faut donc admettre dans l’organisme vivant, au-dessus des forces physiques ou chimiques , un agent vital supérieur qu’on peut appeler spiritus insitus , archée, nature, etc., mais qu’il vaut mieux nommer principe animateur présidant aux actes vitaux (anima prœses actionum).
Tels sont les quelques-uns des arguments que Stahl présente dans la thèse que nous analysons ; telle est la conclusion qu’il y formule ; telle est la doctrine qu’il expose et qu’il développe en traitant de la physiologie et de la pathologie du tube digestif.
Y. Partie pratique. — Thérapeutique. — Stahl passe en revue tous les états morbides qu’il vient d’étudier ; il pose , pour chacun d’eux, les indications curatives qui découlent de leur nature, de celle de leurs éléments constitutifs , des diverses circonstances qu’ils présentent , et mentionne avec détail les substances médicamenteuses et les agents thérapeutiques de tout genre que l’on peut mettre en usage.