‹ Œuvres médico-philosophiques et pratiques de G. E. Stahl... traduites et commentéesChapitre 2 sur 23 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

BAILLIÈRE ET FILS, LIBRAIRES DE l’aCADÉMIE IMPÉRIALE DE MÉDECINE, Rue Hautefeuille, 19.

PAÿHÔlïÜti

Iir PARTIE.

Dans les deux précédentes parties , nous avons , du mieux possible, démontré — d’une manière générale dans la première, d’une manière plus spéciale dans la seconde — quels sont les liens réciproques qui unissent entre elles les anomalies morbides d’une constitution insolite, et par quelle analogie méthodique ces anomalies procèdent même des constitutions les plus naturelles. Nous avons indiqué , en outre et à différentes reprises, que ces dérèglements morbides ne sauraient provenir et ne proviennent presque jamais d’une succession directe ou légitime des modifications et des alternations périodiques auxquelles sont on ne peut plus exposés, à cause de leur crase matérielle , les organes importants du corps humain.

Logiquement guidé par ces déductions, nous avons, dans un but médical , employé tous nos efforts à bien faire connaître l’intime et profonde liaison qui existe entre les diverses espèces d’affections, leurs causes ou leurs principes; prouvant ainsi, que, pour triompher sûrement et radicalement de ces affections, pour les prévenir ou en diminuer les effets , il faut en chercher l’origine et la véritable source ailleurs que dans des altérations absolument matérielles et diriger par là même la méthode de curation vers un tout autre but que celui vers lequel on aurait tendu dans la dernière hypothèse ; alors surtout que le médecin a fermement à cœur de délivrer complètement ses malades des maux qui les accablent, plutôt que d’en mitiger et d’en pallier temporairement les fâcheuses conséquences.

Nous allons donc, avec la grâce de Dieu, compléter le reste de notre travail, en faisant, dans cette partie toute spéciale de la pathologie, l’exposé historique et détaillé de chacune des maladies considérées en elles-mêmes et en développant, avec le plus grand soin, tant les caractères qui leur appartiennent en propre que ce qu’elles ont ou peuvent avoir de commun, non-seulement avec les affections les plus générales, au point de vue de l’ordre, du temps, de l’importance d’efficacité, de l’énergie fondamentale et de la dépendance proprement dite ; mais encore avee certaines espèces morbides, quasi collatérales dans l’ordre ayant une provenance réciproque et dqnt elles contractent ordinairement , par une simple substitution rnétaschématique et mutuelle , la forme caractéristique.

Cette étude servira, en outre, à imprimer une saine direction à la pratique médicale et à faire éviter cette pierre d’achoppement contre laquelle viennent presque toujours heurter ceux qui, considérant de semblables

effets isolément et en eux-mêmes , les négligent et n’en tiennent aucun compte : négligence on ne peut plus funeste ! Car alors il survient parfois une autre espèce, une autre forme morbide d’une malignité non moindre et souvent même d’un caractère plus fâcheux, laquelle peut jeter le malade, malgré les secours de l’art, dans un état plus alarmant encore. Aussi, le second avantage de ces études pathologiques sera-t-il, si pareil cas se présente, de nous mettre en état de porter d’ores et déjà un jugement plus sain sur la véritable et légitime méthode que tout médecin raisonnable doit suivre et embrasser.

Plein de confiance dans la force et la vérité de ces arguments, nous espérons que l’on rendra enfin pleine justice à notre pathologie médicale , procédant à l’invention heureuse des ressources convenables ou proportionnées, et jetant un nouveau jour par la véritable méthode à suivre dans la pratique.

SECTION r.

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES d’hÉMORRHAGIES ET DES AFFECTIONS QUI LEUR SONT LE PLUS ANALOGUES.

Nous avons définitivement établi, soit dans la partie générale, soit dans la partie plus spéciale de cet ouvrage, que les véritables causes morbifiques qui peuvent exister en puissance et qui, par le fait, se traduisent même en acte, se réduisent naturellement au nombre limité de

trois : les deux premières concernent les matières ; la troisième , conséquence des deux autres , regarde les mouvements anormaux.

Les deux causes matérielles sont : 1 “ une trop grande abondance de sang (même pur et vermeil); 2° un épaississement notable de ce liquide provenant, d’une manière directe et naturelle, d’un tempérament pléthorique. De ces conditions matérielles résultent les divers mouvements insolites que l’agent vital entreprend, tantôt pour alléger et désemplir les vaisseaux sanguins, tantôt pour pousser d’un lieu vers un autre, avec un effort pénible et continu, le sang trop épaissi ou réfractaire à sa locomotion ordinaire.

Nous avons exposé enfin, du mieux possible, les rap' ports mutuels que ces choses ont entre elles, le caractère et la raison réciproque de leur cohérence. C’est donc le moment d’aborder le dernier et l’entier développement de toute cette question, en nous attachant à l’étude particulière de chaque affection et à la démonstration claire du motif pour lequel ces affections, prises une à une, ne peuvent provenir ou dépendre que des causes, soit préalables et antérieures, soit conjointes, dont nous venons de faire mention.

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