‹ Œuvres mêlées de Saint-EvremondChapitre 25 sur 107 · Annal., lib. I, cap, 10. -^Suétone, T'iber,, cap. âl · texte numérisé non relu

Annal., lib. I, cap, 10. -^Suétone, T'iber,, cap. âl

DB SAINT-EYRSMOHD. 187

croire qu*im grand empereur pût aller, dans one chose si importante, contre son propre sentiment, ii a mis du dessein et du mystère où il n'y a eu, si je ne me trompe, que de la facilité.

Après ces particularités du domestique, revenons au général. H rendit le monde heureux, et il fut heureux dans le monde. Il n*eut rien à souhaiter du pubhc, ni le public de lui : et, considérant les maux qu'il a faits pour parvenir à l'empire, et le bien qu'il fit depuis qu'il fut empereur, je trouve qu'on a dit avec beaucoup de raison, qu'iV ne deifoit jamais naître^ ou jamais ne mourir^.

n mourut enfin, regretté de tous les hommes; moins grand, sans comparaison, que César, mais d'un esprit plus réglé ; ce qui me fait croire qu'il eût été plus glorieux, d'être de l'armée de César, et plus doux de \ivre sous le gouvernement d'Auguste.

Pour les Romains, ils n'avoient rien de si élevé que dans le temps de la république , ni pour la grandeur du génie, ni pour la force de l'âme; mais quelque chose de plus sociable. Après tous les maux qu'on avoit soufferts,

1. Excerpta ex libris SextiAureîii Fictorisycap. i, § 28, 29. On a dit la même cbose de l'empereur Sévère. Voyez Aurelius Fictor,de Cœsaribus, cap, xx, in Septimio Severo; et JEUi Spartiani Severus,

on (ut bien aise de trouver de la douceur, en quelque manière que ce (ùt. Il n'y avoit plus assez de vertu pour soutenir la liberté ; on eût eu honte d*une entière sujétion; et, à la réserve de ces âmes Gères que rien ne put contenter, chacun se fit honneur de Tapparence de la république, et ne fut pas fâché en effet d'une douce et agréable domination.

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