‹ Œuvres mêlées de Saint-EvremondChapitre 36 sur 107 · Salluste, dans le caractère de Catilina ; Conj, Cat · texte numérisé non relu

Salluste, dans le caractère de Catilina ; Conj, Cat

Il y a une autre diversité dans les éloges des anciens, plus délicate, qui nous est encore moins connue. C'est une certaine différence, dont chaque vice ou diaque vertu est marquée par r impression particulière qu elle prend dans les esprits où elle se trouve. Par exemple, lé courage d'Âlcibiade a quelque chose de singulier qui le distingue de celui d'Épaminondas, quoique l'un et l'autre aient su exposer leur vie également. La probité de Caton est autre que celle de Gatulus ; l'audace de Catilina n'^st pas la même que celle d'Antoine; l'ambition de Sylla et celle de César n'ont pas une parfaite ressemblance; et de là vient que les anciens, en formant le caractère de leurs grands hommes, forment, pour ainsi dire, en même temps, le caractère des qualités qu'ils leur donnent, afin qu'ils ne paroissent pas seulement ambitieux et hardis, ou modérés et prudents; mais qu'on sache plus particulièrement quelle étoit l'espèce (l'ambition et de courage, ou de modération et de prudence qu'ils ont eue.

Salluste * nous dépeint Catilina conmie un homme de méchant naturel, et la méchanceté de ce naturel est aussitôt exprimée : Sed inge-nio nialo prasfoque. L'espèce de son ambition

I . Voy. les Observatiom $ur Salluste et sur -Tacîte , p. 1S5 de ce volume.

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est distinguée par le dérèglement de ses mœurs, et le dérèglement est marqué à l'égard du caractère de son esprit, par des imaginations trop yastes et trop élevées : Vastus animas immoderata, incredibilia, nimis alta semper cupié)at. Il avoit Tesprit assez méchant pour entreprendre toutes choses contre les lois, et trop vaste pour se fixer à des desseins proportionnés aux moyens de les faire réussir.

L'esprit hardi d'une femme voluptueuse et impudique, telle qu'étoit Sempronia, eût pu faire croire que son audace alloit à tout entreprendre en faveur de ses amours ; mais comme cette sorte de hardiesse est peu propre pour les dangers où Ton s'expose dans une conjuration, Salluste explique d'abord ce qu'elle est capable de faire, par ce qu'elle a fait auparavant : QnsR multa ewpe çirilis audaciae facî^ nora commiserat. Voilà l'espèce de son audace exprimée. D la fait chanter et danser, non avec les façons, les gestes et les mouvements qu'avoient à Rome le? ehanteuses et les baladines, mais avec plus d'art et de curiosité qu'il n'ètoit bienséant à une honnête femme : Pstil^ \ere , saltare elegantius quam neeessê est proèw. Quand i! lui attribue -un esprit assez estimable, il dit en même temps en quoi consistoit le mérite de cet esprit : Ferum îngenium ejus haud absurdum : posse çersus facere^ jo*

cos motere , sermone uti , s^el modeste^ i^l ' molli^ ifelprocaci {de Conj, Cat.^ 26).

Vous coniioîtrez dans F éloge de Sylla, que son naturel s'accommodoit heureusement à ses desseins. La république alors étant divisée en deux factions, ceux qui aspiroient à la puissance n avoient point de plus grand intérêt que de s'acquérir des amis, et Sylla navoit point de plus grand plaisir que de s'en faire. La libéralité est le meilleur moyen pour gagner les affections : Sylla savoit donner toutes choses. Parmi les choses qu on donne, il n'y a rien qui assujettisse plus les hommes et assure tant leurs services que l'argent qu'ils reçoivent de nous. C'est en quoi la libéralité de Sylla étoit particulièrement exercée : Rerum omnium y pecuniœ maxime largiior^. Il étoit libéi^l de son naturel, libéral de son argent par intérêt. Son loisir étoit voluptueux ; mais ce n'eût pas été donner une idée de ce grand homme, que de le dépeindre avec de la sensualité ou de la paresse : ce qui oblige Salluste de marquer le caractère d'une volupté d'honnête homme, soumise à la gloire, et par qui les affaires ne sont jamais retardées, de peur qu'on

i. M. de Saint-Evremond a cité ici Salluste, de mémoire. Cet historien dit : multarum rerum ac maxumepecu' ÊÙm largitor (des Maizeaux). Saliusie, Jug,^ 95.

ne vtnt à soupçonner Sylla d'une mollesse où languissent d'ordinaire les efféminés : Cupidus. i^oluptatum^ sed glorise cupidior, otio luxurioso esse^ tamen ab negotiis nunquam volùptas re~ morata. Il étoit le plus heureux homme du monde, avant la guerre civile; mais ce bonheur n'étoit pas un pur effet du hasard, et sa fortune, quelque grande qu'elle fàt toujours, ne se trouva jamais au-dessus de son industrie : jitque illi, felicissumo omnium ante ciçilem i^ictoriam, nunquam super industriam fortuna fuit.

Quand Tacite fait la peinture de Pétrone, il marque les qualités qu'il lui donne, avec ces sortes de distinctions : il lui fait dépenser son biep, non pas en dissipateur, dans la débauche, mais en homme délicat, dans un luxe poli et curieux. Le mépris de la mort, qu'il lui attribue, n'a rien de commun avec celui qu'en ont eu les autres Romains. Ce n'est point la gravité constante de Thraséas, faisant des leçons à celui qui lui apportoit l'ordre de mourir; ce n'est point la constance forcée de Sénèque, qui a besoin de s'animer par le souvenir de ses préceptes et de ses discours; ce n'est point la fermeté dont Helvidius se pique; ce n'est point une résolution formée sur les sentiments des philosophes ; c'est une indifférence molle et nonchalante, qui ne laissoit aucun accès dans

son âme aux funestes pensées de la mort ; c'est une continuation du train ordinaire de sa vie, jusqu'au dernier moment * .

Mais si les anciens ont eu tant de délicatesse à marquer ces différences, il n y a pas moins d'art dans le style de leurs éloges pour attacher notre discernement à les connoître. Dans leurs narrations, ils nous engagent à les suivi'e par la liaison insensible d^un récit agréable et natu-> rel. Ils entraînent notre esprit, dans leurs harangues, par la véhémence du discours ; de peur que, s'il demeuroit dans son assiette, il n'examinât le peu de bon sens qu'il y a dans les exagérations de l'éloquence, et n'eût le loisir de former des oppositions secrètes à la persuasion. Ils apportent quelquefois, dans un conseil, raisons sur raisons, pour déterminer les âmes les plus irrésolues au parti qu'elles doivent prendre : mais dans les éloges, où il faut discerner les vices d'avec les vertus, où il faut démêler les diversités qui se rencontrent dans un naturel, où il faut non-seulement distinguer les qualités différentes, mais les différences dont chaque qualité est marquée ; on ne doit pas se servir d'un style qui nous engage, ou qui nous entraine, ni ile raisonnements suivis qui assu-

i . Voy . le Jugement sur Sénèque , Plutarque et Pétrone^ dans ce volume , troisième pahtie.

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jettiftsent le nôtre. Âj contraire, il faut nous dégager de tout ce qui nous attire, de ce qui nous impose, de ce qui soumet notre entende* ment, afin de nous laisser chez nous-mêmes avec un plein usage de nos lunuères : attachés > néanmoins, autant que nous pouvons Fétre, à chaque terme d'un style coupé et d'une construction variée, de peur que Fesprit né vint à se dissiper en des considérations trop vagues. Par là, un lecteur est obligé de donner toute son attention aux diverses singularités, et d'examiner séparément chaque trait de la peinture.

C'est ainsi que les anciens formoient leurs éloges. Pour nous, si nous avions à dépeindre un naturel semblable à celui de GatiUna, nous aurions de la peine à concevoir dans une même personne des qualités qui paroissent opposées. Tant de hardiesse, avec un si grand artifice, tant de fierté et tant de finesse , tant d'ardeur en ce qu'il désiroit, avec tant de feinte et de dissimulation.

Il y a des différences délicates entre des qualités qui semblent les mêmes, que nous découvrons malaisément. Il y a quelquefois un mélange de vice et de vertu, dans une seule qualité, que nous ne séparerons jamais. Véritablement , il nous est facile de connoître les vertus quand elles sont nettes et entières; et d'ordinaire nous donnons de la prudence dans

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les conseils, de la promptitude dans Texéca* tion, et de la valeur dans les combats. Pour ce qui regarde les bonnes mœiu*s : de la piété envers Dieu, de la probité parmi les hommes, de la fidélité à ses amis ou à son maître. Nous faisons le même usage et des défauts et des vices; de l'incapacité dans les affaires, de la lâcheté contre les ennemis, de Tinfidélité à ses amis, de la paresse, deTavarice, de Tingratitude; mais, où la nature n'a pas mis une grande pureté dans les vertus , où elle a laissé quelque mélange de vertu parmi les vices, nous manquons tantôt de pénétration à découvrir ce qui se cache, tantôt de délicatesse à démêler ce qui se confond.

Ces distinctions particulières qui marquent diversement les qualités , selon les esprits où elles se rencontrent, nous sont encore plus cachées. La diversité de vaillance nous est inconnue. Nous n'avons qu'un même courage pour tous les gens de valeur; une même ambition pour tous les ambitieux ; une même probité pour tous les gens de bien : et à dire vrai, l'éloge que nous faisons d'un homme de grand mérite , pourroit convenir à tout ce qu'il y a eu de gi'ands personnages de notre temps. Si nous avions à parler de ces ducs de Guise dont la réputation durera toujours , nous les ferions vaillants, généreux, courtois, libéraux, ambi-

tieux, zélés pour la religion catholique, et ennemis déclarés de la protestante; mais les qualités de Tun, ti*op peu distinguées de celles de l'autre, ne formeroient pas des caractères aussi divers qu'ils le doivent être. Ces vertus, que la morale et les discours généraux nous représentent les mêmes , prennent un air différent par la différence de Thumeur et du génie des personnes qui les possèdent.

Nous jugeons bien que le connétable^ et Tamiral* ont été capables de soutenir le poids des affaires les plus importantes ; mais la différence de leur capacité ne se trouve pas assez marquée, dans nos auteurs. Ils nous apprennent que d'Andelot', Bussy* et Gi-

1. Anne de Montmorenci, connétable de France, mort le 12 novembre 1567.,

2. Gaspard de Coligny, amiral de France, assassiné à Paris, le 24 août, jour du massacre de la Saint-Barthélémy» Tan 1572.

3. François de Coligny, seigneur d'Andelot, frère de l'amiral de Coligny, général de Tinfanterie de France, mort le 27 mai 1569.

4. Louis d'Amboise, seigneur de Bussy, marquis de Reinel, capitaine de cinquante hommes d*armes du roi, gouverneur et lieutenant général en Anjou, premier gentilhomme de la chambre du duc d'Alençon, se rendit illustre par son savoir, par son courage et par sa politesse. La reine Marguerite en parle avec éloge dans ses Mé^ moires t et comme une personne qui ne lui étoit pas indifférente : elle avoue même qu*on disoit hautement au roi Henri IV, sou mari, qu i7 la servait, Bussy fut assas-

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vry * ont été les plus braves gens du^vnonde ; mais on ne nous dit point qu'il y avoit une opiniâtreté de faction mêlée à la hardiesse de d'Àndelot; qu'il paroissoit quelque chose de vain et d'audacieux dans la bravoure de Bussy; et que la valeur de Givry avoit toujours un air de chevalerie.

Il y a quelque chose de particulier dans les

sine en 1579, ou selon Mézerai en i580, dans son gouvernement d'Anjou, à l'âge dVnviron vingt-huit ans. Le comte de Montsoreau ayant su qu'il voyoit sa femme, la força le poignard sur la gorge, de lui écrire de se rendre incessamment auprès d'elle. Bussy vint ; et dès que le comte sut qu'il étoit dans la chambre de la comtesse, il s'y jeta accompagné de cinq ou six hommes armés. Bussy ne trouvant pas la partie égale, sauta par une fenêtre dans la cour : mais il y fut bientôt attaqué par d'autres personnes. Il se défendit longtemps^ avec une vigueur et une fermeté incroyables, et leur vendit bien chèrement sa TÎe. Brantôme n'a pas osé s'étendre sur la mort tragique de Bussy d'Amboise, dans l'abrégé qu'il a donné de sa ▼ic, au tome III des Hommes illustres. [Des Maizeaux.)

1 . N, de Longvic, seigneur de Givry, tué au siège de Laon en 1394. — c Dans les attaques ditMezerai, fut tué Givry, le plus accompli cavalier qui fut à la cour, soit pour son héroïque vaillance, soit pour les connoissances qu'il avoit des belles lettres, soit pour l'esprit et pour la galanterie. Un désespoir amoureux conçu de l'infidélité d'une princesse, le jeta si souvent dans les périls, qu'il y demeura comme il le souhaitoit. s — Cette princesse, que Mézerài n'a pas voulu nommer, c'étoit Louise, fille de Henri duc de Guise, assassiné aux États de Blois, en 1588, par ordre de Henri III : elle épousa François de Bourbon, prince de Conti, et mourut en 1631. (Id,)

courages, qui les distingue, comme il y a quelque singularité dans les esprit», qui en fait la différence. Le courage du maréchal de Ghâtillon ^ étoit une intrépidité lente et paresseuse : celui du maréchal de la Meilleraye' avoit une ardeur fort propre à presser un siège , et un grand emportement dans les combats de cam^ pagne. La valeur du maréchal de Rantzau' étoit admirable pour les grandes actions ; elle a pu sauver une province , elle a pu sauver une armée; mais on eut dit qu'elle tenoit au-dessous d'elle les périls communs, à la voir si nonchalante pour les petites et fréquentes occasions où le service ordinaire se faisoit. Celle du maréchal de Gassion\ plus vive et plus agissante, pouvoit être utile à tous les moments : il n'y avoit point de jour qu'elle ne donnât à nos troupes quelque avantage sur les ennemis. Il est vrai qu'on la voyoit moins libre à la vue d'une grosse affairci Ce maréchal, si aventu-

i. Gaspard de Colîgny, maréchal de France, mort en 1646. Voy. son Histor,, dans Tallemant, IV, 22i.

2. Charles de la Porte, duc de la Meilleraye, maréchal de France y mort en 1664; heau-père de la duchesse Mazarin, et qui avoit rendu de si grands services an cardinal.

3. Josias, eomte de Rantzau, de l'illustre maison de Rantzau, dans le duché de Holstein *, maréchal de France, mort en 1650.

4. Jean de Gassion, maréchal de France, mort en 1647, d'une hlessure qu'il reçut au siège de Lens.

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rier pour les partis , si brusque à charger les arrière-gardes, craignoit un engagement entier : occupe de la pensée des événements, lorsqu'il falloit agir plutôt que penser.

Quelquefois nous donnons tout aux qualités, sans avoir égard à ce que l'humeur y mêle du du sien. Quelquefois nous donnons trop à F humeur, et ne considérons pas assez le fond des qualités. La rêverie de M. de Turenne, son esprit retiré en lui-même, plein de ses projets et de sa conduite, Font fait passer pour timide, irrésolu, incertain, quoiqu'il donnât une bataille av«c autant de facilité que M. de Gassion alloit à une escarmouche ; et le naturel ardent de monsieur le prince Ta fait croire impétueux dans les combats, lui qui se possède' mieux dans la chaleur de l'action qu'homme du monde; lui qui avoit plus de présence d'esprit à Lens, à Fribourg, àNiordlingue et à Senef, qu'il n'en auroit eu peut-être dans son cabinet.

Après un si long discours sur la oonnoissance des hommes, je dirai que nos historiens ne nous en donnent pas assez, faute d'application, ou de discernement pour les bien connoître. Ils ont cm qu'un récit exACt des événements suiSisoit pour nous instruire, sans considérer que les affaires se font par de» hommes qoe la passion emporte plus souvent que la politique ne les oonduit, La prudence gouverne les sages.

mais il en est peu ; et les plus sages ne le sont pas en tout temps : la passion fait agir presque tout le monde, et presque toujours.

Dans les républiques, où les maximes du vrai intérêt devroient être mieux suivies, on voit la plupart des choses se faire par un esprit de faction, et toute faction est passionnée : la passion se trouve partout, le zèle des plus gens de bien n'en est pas exempt. L'animosité de Caton contre César , et la fureur de Cicéron contre Antoine, n'ont guère moins servi à ruiner la liberté, que l'ambition de ceux qui ont établi la tyrannie. L'opposition du prince Maurice et de Barneveld, également mais diversement zélés pour le bien de la Hollande , ont feilli à'Ia perdre, lorsqu'elle n'avoit plus rien à craindre des Espagnols. Le prince la vouloit puissante au dehors : Barneveld la vouloit libre au dedans. Le premier la mettoit en étçit de faire tête à un roi d'Espagne ; le second songeoité l'assurer contre un prince d'Orange. Il en coûta la vie à Barneveld; et, ce qui arrive assez souvent, on vit périr par le peuple même les partisans de la liberté.

Je passe des observations sur l'histoire, à des réflexions sur la politique : on me le pardonnera peut-être ; en tout cas je me satisferai moi-même.

Dans les commencements d'une république,

Tamour de la liberté fait la première vertu des citoyens, et la jalousie qu'elle inspire établit la principale politique de FËtat. Lassés que sont les hommes des peines, des embarras, des périls qu'il faut essuyer pour vivre toujours dans r indépendance, ils suivent quelque ambitieux qui leur plaît, et tombent aisément d'une liberté fâcheuse dans une agréable sujétion. Il me souvient d'avoir dit souvent en Hollande, et au pensionnaire même*, qu'on se mécomptoit sur le naturel des HoUandois. On se persuade que les HoUandois aiment la liberté , et ils haïssent seulement l'oppression. Il y a chez eux peu de fierté dans les âmes, et la fierté de l'âme fait les véritables républicains. Ils appréhenderoient un prince avare, capable de prendre leur bien; un prince violent, qui pourroit leur faire des outrages : mais ils s'accommodent de la qualité de prince avec plaisir. S'ils aiment la république, c'est pour l'intérêt de leur trafic, plus que par une satisfaction qu'ils aient d'être libres. Les magistrats aiment leur indépendance, pour gouverner des gens qui dépendent d'eux : le peuple reconnoît plus aisément l'autorité du prince que celle des magistrats. Lorsqu'un prince d'Orange a voulu surprendre Amsterdam, tout s'est déclaré pour les bourg-

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