‹ Œuvres meslées. Avec éclaircissements et notice bibliographiqueChapitre 16 sur 66 · SONET · texte numérisé non relu

SONET

Comme on voit sur la branche au mois de May la rose En sa belle jeunesse, en sa première fleur Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur, Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose :

La grâce dans sa fueille, et l'amour se repose, Embasmant les jardins et les arbres d'odeur : Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur, Languissante elle meurt fueille à fueille déclose :

Ainsi en ta première et jeune nouveauté, Quand la terre et le ciel honoroient ta beauté, La Parque t'a tuée, et cendre tu reposes.

Pour obsèques reçoy mes larmes et mes pleurs, Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs, Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

LE

Page 1