‹ Œuvres meslées. Avec éclaircissements et notice bibliographiqueChapitre 61 sur 66 · FAC-SIMILÉS DES TITRES · texte numérisé non relu

FAC-SIMILÉS DES TITRES

Amours (1552) Non chiffrée, après le Titre général.

Odes d55o) 1 13

Œuvres (l56o). Tome 1 167

Elégies (/565). [Signature autographe de Ronsard.} 201

Hymnes (f555) 229

Response (1563) 265

hld

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

La mythologie grecque et romaine n'avait point de secrets pour Ronsard et ses contemporains s'esmerveillèrent fort d'une érudition qui n'éveille plus d'écho en nos âmes utilitaires et peu assoiffées de légendes : nous avons volontiers négligé les pièces que les dieux et les déesses de l'Olympe remplissent de leurs faits et de leurs noms pour choisir de préférence — et les donner sans aucune coupure — ces morceaux dans lesquels Ronsard se montre vraiment poète en écrivant des vers nouveaux sur des sujets antiques et ceux qui nous révèlent ses préférences littéraires, qui nous font pénétrer dans son cabinet de travail et qui justifient l'opinion que, dès l55o, Ronsard avait de lui-même : ce qui n'était que présomption dans le jeune poète de vingt-six ans devenait chez l'homme de quarante ans la pleine conscience d'un talent qui par de nombreux points confine au génie.

La première poésie imprimée de Ronsard fut l'ode très gaillarde adressée à Peletier et publiée en 1047 dans les Œuvres poétiques de celui-ci ; ses derniers vers ne parurent, en l586, qu'après sa mort. Pendant ces quarante années, que d'événements politiques, que de changements dans les mœurs et dans la langue ! Tout au début, Ronsard partisan des réformes de Meigret, essaya de les faire triompher : il se résigna assez tôt à subir l'orthographe de ses imprimeurs, mais il modifia sans cesse son texte suivant les événements, son vocabulaire selon ses lectures. Et nous n'aurions pas été dans un médiocre embarras pour choisir le texte à présenter ici aux admirateurs de Ronsard si nous n'avions déjà étudié, et, croyons-nous, résolu le problème en vue d'une édition complète et critique des Œuvres de Ronsard dont nous poursuivons la publication.

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

Reproduire les éditions originales semble, à première vue, la meilleure solution : mais qu'on se rappelle que les Odes parurent en l55o, le premier livre des Amours en l552, le second livre (combinant la Continuation de l555 et la Nouvelle Continuation de i556) en l56o, les Hymnes en i555 et i556, les Poèmes (pour une grande partie) en l56o, les Discours en l5b2 et 1 563, les Elégies et les Eclogues en l565, la Franciade (que nous négligeons de propos délibéré) en 1672, les Sonets pour Hélène en 1578 : on s'imagine aisément les déplaisants contrastes qu'offrirait la présentation dans un même volume de textes écrits à des époques si diverses.

Ronsard semble avoir voulu faciliter la tâche de la postérité en réunissant, de son vivant, ses divers recueils sous le nom d'Œuvres. L'édition de Rouen l557, qui nous donne, sous trois foliotations différentes, mais dans une même typographie et un même format, les Amours de i552, la Continuation et la Nouvelle Continuation de l555 et l556, le Bocage et les Meslanges de l554 et i555 n'est sans doute qu'un essai auquel l'auteur demeura peut-être étranger, mais les éditions collectives de i56o, 1567, i57l,l572-3, 1678, 084 ont bien paru avec l'entier assentiment de Ronsard, si nous ne pouvons en dire de même de la première édition posthume, celle de 1387.

Ayant tous ces volumes sous les yeux, nous avons pu les comparer et en faire un minutieux examen dont voici les principaux résultats.

Quatre des cinq volumes de l56o reproduisent avec trop de servilité les recueils antérieurs et trop de pièces importantes sont de composition postérieure pour que cette édition puisse servir de modèle : l'absence presque totale de l'y la distingue très nettement des suivantes.

Celle de l567, d'une très belle tenue typographique, est discréditée à nos yeux par cette note ingénue placée à la fin des Amours et au début des Odes : « Fautes survenues à l'impression pour l'absence de l'auteur ». Au reste la numérotation très fautive des Odes nous invite à ne pas lui accorder plus d'importance que ne le fit Ronsard.

L'édition de 107 1 clôt ce que nous serions assez tentés d'appeler

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

les éditions de jeunesse, mais ne s'en distingue pas assez pour être élevée au rang de texte type; et celle de 1 072- l 573 semble n'avoir été entreprise que pour insérer la Franciade parmi les Œuvres.

Les suppressions, trop souvent injustifiées, qui se rencontrent en l584, ne permettent d'en admirer que la typographie : au surplus son texte n'est guère qu'une copie — infidèle souvent — de celui de 1578.

La profusion des variantes que nous offre l'édition de l587 indique que celle de l584 fut l'objet d'une révision soigneuse : nous ignorons dans quelle proportion Galland respecta la pensée dernière du poète et s'il se contenta de transcrire les corrections que Ronsard aurait inscrites sur un exemplaire du bel in-folio qui réjouit l'œil du sexagénaire.

A quelle époque de la vie de Ronsard faut-il donc nous reporter pour le mieux comprendre dans la. complexité de son existence et de sa pensée? Sans hésiter nous répondons que c'est en l'an 1377, alors qu'âgé de cinquante-trois ans, ayant encore huit ans à vivre, il préparait cette sixième édition collective qui devait maintenir son prestige menacé par le succès foudroyant de son disciple Desportes, et ajoutait près de deux cents pièces nouvelles à celles qui l'avaient rendu sans rival jusqu'en l573.

En donnant la préférence à cette édition de 1078, nous pouvons présenter aux admirateurs de Ronsard un texte moins abondant en « folastreries » que celui de l55o à 1671 (on s'aperçoit aisément que les virulentes attaques des protestants avaient ému le poète), moins émondé toutefois que ne le fut celui de 084 sous l'empire de scrupules plus littéraires que moraux, et une graphie uniforme pour la plus grande partie des pièces publiées : c'est aussi, ne l'oublions point, l'édition originale des Sonets pour Hélène, dont nous reproduisons le texte pour la première fois depuis trois cent trente six-ans.

Les Œuvres de Ronsard qui furent « achevées d'imprimer le sixiesme de Feburier 078 » en vertu d'un privilège royal du 10 Novembre 1077, étaient « rédigées en sept Tomes, assavoir, Les Amours, Les Odes, Les Poèmes, Les Elégies, Les Hymnes, Les Discours, et la Franciade. » Nous avons conservé cette dispo-

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

sition que l'on peut estimer voulue par le poète et nous avons essayé de prendre dans chaque recueil les pièces qui nous paraissent les plus caractéristiques du tempérament de Ronsard et de sa dextérité à manier les mètres les plus divers, toujours s'accordant aux sujets célébrés.

Puisse la renommée de Ronsard en recevoir un éclat nouveau qui contribue à faire étudier mieux et davantage son œuvre complexe et immense !

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