‹ Œuvres meslées. Avec éclaircissements et notice bibliographiqueChapitre 66 sur 66 · LES DISCOURS DES MISERES DE CE TEMPS · texte numérisé non relu

LES DISCOURS DES MISERES DE CE TEMPS

Ce titre parut pour la première fois, en l562, en tête d'une pièce adressée à la Reine Catherine de Médicis. Mais Ronsard ne manqua point de reprendre plus tard aux recueils antérieurs les morceaux qui pouvaient se ranger sous un titre devenu collectif. Et c'est ainsi que le Discours à Des Masures se lisait déjà à la fin du cinquième livre des Poèmes de l56o.

Ce titre recouvrit aussi des pièces postérieures à l562 et c'est le cas de la Responce qui parut en une plaquette séparée dans les premiers mois de l563 ; on en a déjà vu le titre particulier à la p. 265.

Sans prétendre aucunement à donner une édition critique, nous croyons intéressant de relever deux des trois passages où Ronsard, en lSjS, a corrigé son texte de lb~\ (qui est sans doute le même qu'en l563) : ce faisant, il reconnaissait la justesse des attaques protestantes contre la licence de ses vers, bien qu'il se défendit de l'avoir introduite dans sa conduite.

P. 276. On lit, en 071, à la place des six vers: Tousjours le voleur.... la sépulture.

Au moins fay moy citer pour ouïr mes deffences : Peut estre je diray des mots que tu ne penses : Je t'apprendray comment tu te pourras guérir Du mauvais reliqua lequel te fait mou ir. Et courtois envers toy, je te résoudra)' toute

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

L'humeur qui entretient tes nodus et ta goutte. Voy-tu ma charité qui te vient à propos ? Vrayement tu me fais tort, sans tes meschans propos Je m'allois marier, mais ores nulle femme Ne me veut espouser : tant de force a ton blasme.

Si cette affirmation est autre chose qu'une phrase de poète, la question de Ronsard prêtre doit être résolue par la négative. P. 285. On lit, en \b~}\, après le quatrième vers :

J'ayme à faire l'amour, j'ayme à parler aux femmes, A mettre par escrit mes amoureuses flammes, J'ayme le bal. la dance et les masques aussi, La musique, le luth, ennemis du souci.

Ces détails bibliographiques n'étaient sans doute point inutiles, mais nous nous garderons bien d'y joindre des notes littéraires, persuadé que le lecteur est de l'avis du cardinal du Perron : « Ronsard fait bien aux œuvres de longue haleine, vous y trouverez quelquesfois dix ou douze vers qui sont bas, mais après il vous paye de quelque chose d'excellent : quand sa fureur le prend, il est admirable : son esprit s'élève dans les nues. Nous n'avons point eu de Poète vrayment Poète que luy :... que la description de la lyre à Beraud (sic) est admirable ! que le discours au Ministre est excellent !

« Ronsard, à mon avis, étoit l'homme qui avoit le plus beau génie que Poète ait jamais eu, je dis de Virgile et d'Homère. »

Page 1