L HOMME : INTELLIGENCE, VOLONTE IJ
tant que l'animal n'est pas arrive' à l'âge de sa de'croissance naturelle, elle tend nécessairement à se de'velopper et à se I i^y fortitier par cet exercice re'pe'té qui crée l'habitude, base de tout développement animal ; et plus elle se de'veloppe et s'exerce, et plus elle devient dans l'animal une force irre'sistible à laquelle il doit obéir.
Il arrive quelquefois que la maladie, ou des circonstances extérieures plus puissantes que cette tendance fatale de l'individu, empêchent l'exercice et le développement d'une ou de plusieurs de ses facultés. Alors les organes correspondants s'atrophient, 1 148 et tout l'organisme se trouve frappé de souffrance, plus ou moins, selon l'importance de ces facultés et de leurs organes correspondants. L'individu peut en mourir, mais, tant qu'il vit, tant qu'il lui reste encore des facultés, il doit les exercer sous peine de mourir. Donc, il n'en est point le maître du tout, il en est, au | 149 contraire, l'agent involontaire, l'esclave. C'est le moteur universel, ou bien la combinaison des causes déterminantes et productrices de l'individu, ses facultés y compris, qui agit en lui et par lui. C'est cette même Causalité universelle, inconsciente, fatale et aveugle, c'est cet ensemble de lois mécaniques, physiques, chimiques, organiques, animales et sociales, qui pousse tous les animaux, y compris l'homme, à l'action, et qui est le vrai, 1 150 l'unique créateur du monde animal et humain. Apparaissant dans tous les êtres organiques et vivants comme un ensemble de facultés ou de pro-
prictés dont les unes sont inhcrentes à tous, et d'autres propres seulement à des espèces, h des familles ou à des classes particulières, elle constitue en effet la loi fondamentale de la vie et imprime à cliaque animal, y compris l'homme, cette | i.,i tendance fatale à réaliser pour soi-même toutes les conditions vitales de sa propre espèce, c'est-à-dire à satisfaire tous ses besoins. Comme organisme vivant, doué de cette double proprie'té de la sensibilité et de l'irritabilité, et, comme tel, éprouvant tantôt la souffrance, tantôt le plaisir, tout animal, y compris l'homme, est forcé, par sa propre nature, à manger et à boire avant tout et à se mettre en mouvement, tant pour chercher sa nourriture que pour obéir à un besoin supérieur de ses muscles ; il est forcé de se conserver, de s'abriter, de se défendre contre tout ce qui le menace dans sa nourriture, dans sa santé, dans toutes les conditions de sa vie ; forcé d'aimer, de s'accoupler et de procréer ; forcé de réfléchir, dans la mesure de ses capacités intellectuelles, aux conditions de sa conservation et de son existence ; forcé de vouloir toutes ces conditions pour luimême ; et, dirigé par une sorte de prévision, fondée sur l'expérience et dont aucun animal n'est absolument dénué, forcé de travailler, dans la mesure de son intelligence et de sa force musculaire, afin de se les assurer pour un lendemain plus ou moins éloigne. Fatale et irrésistible dans tous les animaux, sans excepter l'homme le plus civilisé, cette tendance impérieuse et fondamentale de la vie constitue la