‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 10 sur 25 · ORGANISATION ET GREVE GENERALE 5 I · texte numérisé non relu

ORGANISATION ET GREVE GENERALE 5 I

terme fatal qui est au bout de cette anarchie : la Révolution sociale. Certes, l'e'mancipation du prolétariat pourrait s'effectuer sans secousses, si \fi. bourgeoisie voulait faire sa nuit du 4 août, renoncer à ses privilèges, aux droits d'aubaine du capital sur le travail; mais Tégolsme et l'aveuglement bourgeois sont tellement invétérés, qu'il faut être optimiste quand même pour espérer voir la solution du problème social d'une commune entente entre les privilégiés et les déshérités; c'est donc bien plutôt des excès même de l'anarchie actuelle que sortira le nouvel ordre social.

Lorsque les grèves s'étendent, se communiquent de proche en proche, c'est qu'elles sont bien près de devenir une grève générale; et une grève générale, avec les idées d'affranchissement qui régnent aujourd'hui dans le prolétariat, ne peut aboutir qu'à un grand cataclysme qui ferait faire peau neuve à la société. Nous n'en sommes pas encore là, sans doute, mais tout nous y conduit. Seulement, il faut que le peuple soit prêt, qu'il ne se laisse plus escamoter par les parleurs et les rêveurs, comme en 48, et pour cela il faut qu'il soit organisé fortement et sérieusement.

Mais les grèves ne se suivent-elles pas si rapidement, qu'il est à craindre que le cataclysme n'arrive avant l'organisation suffisante du prolétariat? Nous ne le croyons pas, car d'abord les grèves indiquent déjà une certaine force collective, une certaine entente chez les ouvriers; ensuite, chaque grève

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devient le point de départ de nouveaux groupements. Les nécessités de la lutte poussent les travailleurs à se soutenir d'un pays à l'autre et d'une profession à l'autre; donc, plus la lutte devient active, plus cette fédération des prolétaires doit s'étendre et se renforcer. Et alors des économistes à .la vue étroite viennent accuser cette fédération des travailleurs, représentée par l'Association internationale, de pousser à la grève et de créer l'anarchie! C'est tout simplement prendre l'effet pour la cause : ce n'est pas l'Internationale qui crée la guerre entre l'exploiteur et l'exploité, mais ce sont les nécessités de la guerre qui ont créé l'Internationale (i).

[Égalité du 3 avril 1869.)

(1) L'assemblée bourgeoise du3i mars provoqua une contremanifestation de la part de la classe ouvrière. Une assemblée de protestation fut convoquée pour le vendredi 2 avril, au Stand de la Coulouvrenière, assemblée composée exclusivement d'ouvriers de nationalité suisse, afin que les adversaires ne pussent pas continuer à prétendre que c'était l'élément étranger qui fomentait les grèves et qui dominait le mouvement ouvrier à Genève. Plus de cinq mille ouvriers suisses répondirent à l'appel; ils votèrent à l'unanimité une adresse protestant énergiquement contre les assertions contenuesdans l'adresse bourgeoise du 3i mars; elle disait : « Nous repoussons avec indignation la calomnie qui présente les grèves actuelles comme ayant été décrétées à l'instigation de l'étranger, dans le but de compromettre notre indépendance nationale; nous déclarons en outre, nous membres des diverses sociétés ouvrières adhérentes à l'Association internationale des travailleurs, que nous n'avons jamais reçu, ni directement, ni indirectement, d'ordres de l'étranger; que, si le canton de Genève voit son industrie péricliter, ce n'est pas par le fait de décrets imaginaires venantde Londres ou de Paris, et qu'enfin ce n'est pas nous qui songeons à supprimer le travail, ni même

En Russie (').

Ce qui se passe actuellement en Russie est digne de l'aitention de tous les démocrates socialistes de l'Europe.

à l'entraver » ; en outre l'adresse revendiquait « la liberté de s'entendre avec des camarades pour les engager à ne pas travailler dans des ateliers ou chantiers déclarés en grève », et terminait en disant : « Nous concentrerons tous nos tfïortset toute notre énergie pour apporter de profonds changements dans les rapports entre le capital et le travail ». Cette imposante manifestation ouvrière causa une profonde impression sur les esprits; les délégués de l'Association des patrons du bâtiment signèrent le lo avril une convention faisant droit aux réclamations des ouvriers et accordant en outre une augmentation de salaire. Quant à la grève des typographes, elle se prolongea jusqu'en juin ; mais comme un tiers des ouvriers typographes s'étaient refusés à cesser le travail, les patrons gardèrent l'avantage, et les grévistes rentrèrent, vaincus, dans les ateliers, à l'exception de quelques-uns qui, avec l'appui de l'Internationale, fondèrent une imprimerie coopérative.

(i) Le jeune révolutionnaire Netchaief, venant de Russie, était arrivé en Belgique en mars i86q; avant la fin de mars il était à Genève, où il se mit immédiatement en rapports avec Bakounine. Celui-ci m'écrivit (lettre du i3 avril) : « A cette heure, je suis excessivement préoccupé de ce qui se passe en Russie. Notre jeunesse, la plus révolutionnaire peut-être, tant en théorie qu'en pratique, qui existe au monde, s'agite au point que le gouvernement a été forcé de fermer les universités, académies, et plusieurs écoles, à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Kazan. J'ai maintenant ici un spécimen de ces jeunes fanatiques qui ne doutent de rien et qui ne craignent rien, et qui ont posé pour principe qu'il en doit périr sous la main du gouvernement beaucoup, beaucoup, mais qu'on ne >e rerosera pas un instant jusqu'à ce que le peuple se soit soulevé. Ils sont admirables, ces jeunes fanatiques, — des croyants sans Dieu et des héros sans phrases! Papa Meuron aurait plaisir à voir celui qui loge chez moi, et toi aussi. »

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Il faut avouer qu'on a eu jusqu'ici des ide'es parfaitement erronées sur le caractère et sur les tendances, aussi bien que sur la situation économique, des peuples qui habitent ces vastes contrées. Ainsi, n'était-ce pas, n'est-ce pas encore une opinion assez générale en Europe que le tsar actuel ('), bienfaiteur et libérateur de ces peuples, était l'objet de toutes les adorations populaires? qu'il a réellement émancipé les paysans russes et établi sur des bases solides le bien-être de ces communautés rurales qui constituent toute la force et toute la richesse de l'Empire de toutes les Russies? N'a-t-on pas cru et dit que, puissant de tout le bonheur qu'il a créé et de toute la reconnaissance qu'il a méritée, il n'avait qu'un signe à faire pour lancer ces millions de barbares fanatiques contre l'Europe.

On l'a dit et on l'a répété sur mille tons différents : les uns sans se douter, les autres sachant fort bien, qu'ils rendaient par là même un immense service à la puissance tant détestée des tsars, puissance fondée beaucoup plus sur l'imagination, sur cette terreur panique qu'elle répand si habilement autour d'elle, et sur le parti que ses diplomates savent en tirer, que sur des faits réels.

Ainsi n'avaii-on pas cru, en 1861, sur la foi des dépêches du prince Gortchakof et de la presse russe €t non russe stipendiée par le gouvernement de Saint-Pétersbourg, que tout le peuple russe, de

(i) Alexandre II.

toutes les classes : noblesse, prêtres, marchands, jeunesse des universités, et les paysans surtout, étaient unanimes pour écraser, pour anéantir la Pologne; que le gouvernement, qui aurait peut-être voulu agir avec plus de modération, s'était vu forcé de devenir le bourreau de cette nation malheureuse, et qu'il l'avait noyée dans son sang rien que pour obéir à cette volonté unanime et à cette immense passion populaire?

A très peu d'exceptions près, tout le monde l'avait cru en Europe, et cette croyance générale avait beaucoup contribué, sinon à comprimer l'indignation du public européen, du moins à en paralyser les effets. La lâcheté et les divisions de la diplomatie européenne aidant, on s'est- arrêté devant cette soidisant manifestation imposante de tout un peuple puissant. On n'a pas osé l'affronter ni le provoquer à la lutte, et on a laissé tranquillement s'accomplir, sans autre résistance que des protestations ridicules, un nouveau grand crime en Pologne.

Puis sont venus les sophistes russes et non russes, les uns stipendiés, les autres bêtement aveuglés, — Proudhon, le grand Proudhon, s'était mis malheureusement dans leurs rangs; — ils sont venus nous expliquer comme quoi les révolutionnaires polonais étaient des catholiques et des aristocrates, des représentants d'un monde condamné à périr; tandis que le gouvernement russe, avec tous ses bourreaux, représentait, lui, contre eux, la cause de la démocratie, la cause des paysans opprimés

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et du nouveau principe de la justice économique.

Voilà les mensonges qu'on a osé débiter et qui ont trouvé créance en Europe, et tout cela a contribué à augmenter considérablement le prestige et la puissance d'imagination — une puissance qu'il ne faut jamais mépriser — de l'Empire de toutes les Russies en Europe.

Il faut que le public européen soit bien ignorant de tout ce qui existe et de tout ce qui se passe dans cet immense pays, pour avoir pu ajouter foi à toutes ces inventions, répandues soit directement, soit indirectement par la diplomatie russe. Et ce qu'il y a de plus singulier, c'est que cette partie de la presse de tous les pays qui émane de l'émigration polonaise ou qui se trouve sous son influence a prêté la main à la diplomatie moscovite, en identifiant partout et toujours le peuple russe avec le gouvernement de Saint-Pétersbourg, La haine si légitime des Polonais contre leurs oppresseurs les aveuglerait-elle au point qu'ils ne comprennent pas que par ce moyen ils servent précisément ce qu'ils détestent? Ou bien seraient-ils réellement des conservateurs de l'ordre économique actuel, à ce point qu'ils préfèrent même le régime féroce des tsars à une révolution sociale des paysans russes ?

Quoi qu'il en soit, il est temps d'en finir avec cette honteuse et dangereuse ignorance. Représentants de la cause de l'émancipation internationale du travail et des travailleurs de tous les pays, nous ne pouvons ni ne devons avoir de préférences natio-

nales. Les travailleurs opprimés de tous les pays sont nos frères, et, indifférents pour les intérêts, pour les ambitions et pour les vanités de la patrie politique, nous ne reconnaissons d'autres ennemis que les exploiteurs du travail populaire.

Représentants de la grande lutte internationale du travail contre l'exploitation nobiliaire ou bourgeoise, il nous importe beaucoup de savoir si les soixante-dix millions qui sont aujourd'hui confinés et asservis dans cet Empire de toutes les Russies, notre voisin si proche (*), si les cent millions de Slaves qui habitent l'Europe seront, au grand jour de la lutte, pour nous ou contre nous.

Les ignorer, ne point chercher à connaître leur nature, leurs mœurs, leur situation et leurs tendances actuelles serait de notre part plus qu'une faute, ce serait une criminelle folie.

Grâce à plusieurs amis qui connaissent bien ces pays, nous pouvons en faire l'étude, si importante sous tous les rapports, et nous la ferons dans une série d'articles \^).

Le fait le plus patent et qui remplit aujourd'hui les colonnes de tous les journaux officiels ou officieux de Saint-Pétersbourg et de Moscou, c'est la fermeture inopinée des universités, académies et autres écoles de l'Etat, et l'arrestation d'une masse

(i) Dans cet article, écrit au nom de la rédaction de l'Egalité, Bakounine devait parler et parle de la Russie comme si l'écrivain eût été non un Russe, mais un Occidental.

(2) Cette série d'articles n'a pas été écrite.

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de jeunes e'tudiants à Pe'tersbourg, à Moscou, à Kazan et dans d'autres provinces russes. Puis des ordres de la police, qui prescrit à tous les aubergistes et maîtres d'hôtel de ne point donner à dîner à plus de deux étudiants à la fois, et aux proprie'taires de maison de ne point souffrir qu'un e'tudiant vienne passer la nuit chez un autre, ni que même pendant le jour il y ait chez lui rassemblement de plus de deux étudiants. Les prisons, les postes de police, les cachots de la chancellerie secrète et les forteresses sont pleins de jeunes gens qu'on saisit dans les deux capitales ou qu'on amène du fond de la Russie.

Que se passe-t-il donc? Tout n'est-il donc pas tranquille et satisfait en Russie? Et que veulent-ils, ces jeunes gens? Demandent-ils une constitution comme en Belgique ou en Italie, ou comme celle que va se donner cette bienheureuse Espagne, par exemple ? Non, pas du tout. Avez- vous lu le programme de la démocratie sociale russe, qui, traduit en langue française, a produit tant de scandale parmi ces bons bourgeois socialistes du Congrès de Berne (')? Eh bien, c'est leur programme, c'est ce qu'ils veulent. Ils ne veulent ni plus ni moins que la dissolution de ce monstrueux Empire de toutes les Russies, qui a étouffé de son poids, pendant des

(i) Ce programme, écrit par Bakounine, avait paru dans le premier numéro {i" septembre 1868) du journal russe Narodnoé Diélo,iondé par Bakounine et Joukovsky, mais qui passa, dès le second numéro, sous la direction d'Outine.

siècles, la vie populaire, mais qui, à ce qu'il paraît, n'est point parvenu à la tuer. Ils veulent une re'volution sociale, telle que Timagination de l'Occident, mode're'e par la civilisation, ose à peine se la représenter.

Et ces fous sont-ils en petit nombre? Non, ils sont une légion, ils forment une phalange de plusieurs dizaines de milliers : jeunes gens déclassés, peu de nobles, beaucoup de fils de petits employés et de fils de prêtres, et des jeunes gens sortis du peuple tant des campagnes que des villes. Mais sont-ils isolés du peuple? Pas du tout; au contraire, ce mouvement de la jeunesse éclairée et qui, sortant des basfonds les plus reculés de la société russe, cherche la lumière avec une énergie et une passion qu'on ne connaît plus chez nous, ce mouvement qui grossit et s'étend, malgré toutes les terribles mesures de répression qui sont familières au gouvernement de ce pays, tend à se confondre chaque jour davantage avec le mouvement d'un peuple réduit au désespoir et à la plus inimaginable misère par la fameuse émancipation et par les autres réformes du tsar libérateur.

Encore un peu de temps, deux ans, un an, quelques mois peut-être, et ces deux mouvements n'en feront qu'un, et alors — alors on verra une révolution qui dépassera, sans doute, tout ce qu'on a connu en fait de révolutions jusqu'ici.

[Égalité du 17 avril I869.)

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Le mouvement international des travailleurs.

S'il est un fait qui frappe aujourd'hui l'esprit des conservateurs les plus récalcitrants, c'est le mouvement toujours plus général et toujours plus imposant des masses ouvrières, non seulement en Europe, mais en Amérique aussi. Que les hommes d'Etat et les politiciens aristocrates ou bourgeois de tous les pays s'en inquiètent, nous en avons la preuve dans tous les discours qu'ils prononcent ; ils ne laissent plus échapper aucune occasion d'exprimer leurs sympathies si profondes et surtout si sincères pour cette masse si nombreuse et si intéressante des travailleurs, qui, après avoir servi pendant tous les siècles de piédestal passif et muet à toutes les ambitions et à toutes les politiques du monde, s'est enfin fatiguée de jouer un rôle aussi peu lucratif que peu digne, et annonce aujourd'hui son ferme vouloir de ne plus vivre et de ne plus travailler que pour ellemême.

Il faut en effet être doué d'une grande dose de stupidité, il faut être aveugle et sourd pour ne point reconnaître l'importance de ce mouvement. Et quiconque a conservé en lui-même une étincelle de vie et de sens doit reconnaître avec nous qu'il n'est qu'un seul mouvement aujourd'hui qui ne soit pas

LE MOUVEMENT INTERNATIONAL DES TRAVAILLEURS 6l

une agitation ridicule et ste'rile, et qui porte tout un avenir dans ses flancs, c'est le mouvement international des travailleurs.

En dehors de ce mouvement, que reste-t-il? D'abord, tout en haut, une chose fort respectable sans doute, mais tout à fait improductive et par dessus le marché fort ruineuse : la brutalité organisée des Etats. Ensuite, sous la protection de cette brutalité, la grande exploitation financière, commerciale et industrielle, la grande spoliation internationale ; quelques milliers d'hommes internationalement solidaires entre eux et dominant par la puissance de leurs capitaux le monde entier.

Au-dessous d'eux, la moyenne et la petite bourgeoisie, classe jadis intelligente et aisée, mais aujourd'hui étouffée, anéantie et rejetée dans le prolétariat par les envahissements progressifs de la féodalité financière. Elle est maintenant d'autant plus misérable qu'elle unit toutes les vanités d'un monde privilégié avec toutes les misères réelles du monde exploité. C"est une classe condamnée par sa propre histoire et physiologiquement épuisée. Jadis elle marchait en avant, là était toute sa puissance; aujourd'hui elle recule, elle a peur, elle se condamne elle-même au néant. Si elle avait gardé un peu de cette vitalité énergique, un peu de ce feu sacré qui lui a fait conquérir un monde dans le passé, elle aurait trouvé en elle-même le courage de s'avouer qu'elle est aujourd'hui dans une situation impossible, et qu'à moins d'un effort héroïque de sa part

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elle est perdue de toutes les manitres, de'shonore'e, ruinée et menacée de périr dans le choc. Deux seules puissances sont actuellement existantes et se préparent toutes les deux à une rencontre fatale : la puissance du passé, représentée par les Etats, et la puissance de l'avenir représentée par 'le prolétariat.

Quel est l'effort qui pourrait la sauver, non comme classe séparée sans doute, mais comme agrégation d'individus? La réponse est toute simple : poussée par la force des choses dans le prolétariat, la moyenne et surtout la petite bourgeoisie devraient y entrer librement^ de plein gré.

Nous reviendrons bientôt sur cette question. En attendant, nous terminons cet article par les réflexions suivantes que nous empruntons à notre confrère de Vienne, organe de la démocratie sociale, la \ olksstimme :

« L'égoïsme le plus aveugle peut seul méconnaître qu'il n'y a plus que le triomphe et la réalisation du principe socialiste qui puissent mettre fin à la pourriture effrayante qui a envahi toutes les couches de la société, et fonder à la place de l'anarchie actuelle un ordre social conforme à la justice et au bien-être général. Vraiment, il n'est pas besoin de dissertations scientifiques pour prouver la nécessité de profondes réformes sociales. Aujourd'hui le socialisme s'empare fatalement de tous les esprits. L'avenir est à lui. Le doute n'est plus permis sur ce point, car toujours plus menaçantes et plus hautes montent les vagues du mouvement ouvrier dans

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