V AU V EN ARGUE S A M. LE DUC DE BIRON
A Nancy, le 12 avril 1743.
Monsieur, depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire, j'ai pensé qu'il serait peut-être
1 Cette lettre ne fut pas remise au Roi, et le duc de îiiron laissa la précédente sans réponse. Vauvenargues ajourna ses projets. Ayant appris que son régiment allait entrer en campagne, il ne voulut pas quitter les drapeaux en un pareil moment. La campagne terminée, il donna sa
nécessaire que j'écrivisse aussi à M. Amelot l : voilà donc encore une autre lettre2 que j'ose vous prier de présenter, supposé qu'il faille le faire. Si j'avais été à portée d'écrire l'une et l'autre sous vos yeux, je suis persuadé que vous auriez eu la bonté de m inspirer ; j'y aurais moins de regret, Monsieur, si vous vouliez les corriger et les transcrire; mais il ne me conviendrait pas de vous demander celle grâce.
J'ai eu envie d'écrire encore à M. Dallemans, pour le prier de vous dire quelque bien de moi, et de vous encourager à m'avouer; mais j'ai pensé depuis, Monsieur, que je ne devais mettre que vous dans la confidence de mes chimères, puisqu'il n'y avait que vous qui pussiez les justifier. Ceux qui loueraient ma confiance , si vous l'appuyiez, la regarderaient comme une folie, sans votre aveu. Je ne demande pas, cependant, que l'on m'emploie , sur ma parole , à des affaires essentielles; je m'offre de servir dans les pays
démission et adressa au Roi, au duc de Biron et à M. Amelot les lettres qu'on trouve ci-après sous les n°6 XXX VT1,
xxxvn, xxxvm.— b.
1 Amelot de Chaillou {Jean- Joseph), de l'Académie française, ministre des affaires étrangères.
2 C'est sans doute celle que nous donnons plus loin sgus le n° XXXVI , et qui ne fut envoyée au ministère qu'à la date du 12 décembre 1743.
YÀUVEM ARGUES. III. 22
étrangers, sans appointement et sans caractère, jusqu'à ce que ce que l'on me connaisse; on peut bien me mettre à l'épreuve. Que ne suis-je aussi à portée de faire paraître le respect et l'attachement inviolable avec lequel je suis, etc.
AA A/l AP ATIV AT A