VOLTAIRE A V AU V E N AR GU E S
Mai 1746.
Quoi! la maladie m'empêche d'aller voir le plus aimable de tous les hommes, et ne m'empêche pas d'aller à Versailles ! Je rougis et je gémis de cette cruelle contradiction, et je ne peux me consoler qu'en me plaignant à vous de moi-même. Vous
1 Quinsonas [le chevalier de). Dans cette lettre, imprimée à quelques exemplaires par M. Roux-Alpheran , le compositeur a mis le cher de Quinsonas : c'est une faute ; ou a pris l'abréviation cheu. pour le mot cher. Quinsonas, auteur du Spectateur, était chevalier de Malte. — B.
m'avez laissé des choses admirables, dans lesquelles je vois que vous m'aimez l ; je vous jure que je vous le rends bien ; je sens combien il est doux d'être aimé d'un génie tel que le vôtre. Je vous supplie, Monsieur, si vous voyez MM. les Observateurs -, de leur dire que je viens de m'apercevoir d'une l'a u te énorme du copiste dans la petite lettre au roi de Prusse.
Comme un carré long est une contradiction.
Il faut : Comme un carré plus long que large est une contradiction.
Adieu. Que j'ai de choses à vous dire et à entendre!
1 II s'agit ici, probablement, du morceau intitulé : Sur quelques ouvrages de M. de Voltaire, que Vauvenargues venait d'acbever, et qui parut dans sa seconde édition. — Voir cet écrit dans notre tome II, p. 88 à 99. — B.
2 Voltaire désigne ici l'Observateur littéraire , journal qui parut en 1746, et dont les auteurs étaient Marmontel et Bauvin. En y imprimant la lettre de Voltaire au roi de Prusse (du 25 ou 26 janvier 1738), on y avait fait la faute que Voltaire relève, et que jusqu'à ce jour aucun des éditeurs de Voltaire et de Marmontel n'a corrigée. ( Cette note est de M. Beuchot.)