DE L'ÉDITEUR
Le titre du morceau qui va suivre et les réflexions qu'il renferme pourraient le faire regarder comme une critique de la manière de Pascal, qui rapporte quelquefois des objections contre la religion sans se mettre en peine de les détruire, comme dans cette pensée :
* Les impies qui font profession de suivre u la raison, doivent être étrangement forts en « raison *, etc. »
Et dans cette autre :
u Par les partis, vous devez vous mettre en «peine de rechercher la vérité, car%, etc. »
M. Suard voyait dans cet écrit un simple
1 Voyez Pensées de Pascal, édition du Prince Impérial , Article XXV, § xv, tome II, p. 12.
2Ibid., § xvi, p. 13.
jeu d'esprit, destiné à montrer avec quelle facilité Vauvenargues se plaisait à imiter les styles divers des grands écrivains.
De son côté, M. Gilbert aperçoit là plus qu'une critique de la manière de Pascal, plus qu'un simple jeu d'esprit; il reconnaît, avec M. Prévost-Paradol et le savant M. Baudrillart, qu'il y a dans ce morceau, ainsi que dans le Traité du libre arbitre *, « un certain « tour d'esprit assez répandu au dix-huitième « siècle, qui consiste à proposer à la décision «ecclésiastique, non sans ironie sous le res- « pect apparent , la solution des problèmes « embarrassants de la philosophie qui avoi- « sinent la théologie. » L'opinion de ces excellents juges mérite de prévaloir.
1 Voyez cet ouvrage , au tome Ier, pages 317 et suiv.
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